Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mercredi 14 mars 2007

Du jamais vu

J'ai suivi François Bayrou pendant deux jours dans ses déplacements. Tout d'abord à Evreux, la ville dont Jean Louis Debré était il y a encore quelques jours Député-Maire. Dans cette ville, l'UDF n'a jamais eu d'implantation. La politique se disputait entre le RPR et le PS. Et bien, dans la halle du Palais des Expositions, plus de 2.300 personnes se pressaient pour écouter François Bayrou. Et pendant près de deux heures, François s'adressa à l'assistance non pour un "meeting" avec cornes de brume et flonflons mais pour lui expliquer la situation de la France et lui présenter son projet. C'est devant une foule enthousiaste que se termina la réunion publique. De mémoire de normand on n'avait jamais vu autant de monde dans un rassemblement politique à Evreux depuis...le Général de Gaulle!

Le lendemain, changement de décor, nous allons en Seine Saint Denis que certains appellent le 9-3. Ca n'est pas un département où généralement se rendent les candidats aux présidentielles. Je dirais même que certains l'évitent. Avec François Bayrou, nous avions rendez-vous devant la Gare du Nord à Paris. Dès l'arrivée du candidat, une foule enthousiaste se forma autour de Bayrou pour le saluer, l'interroger, l'embrasser, le photographier. Il nous fallut une heure pour franchir les 30 mètres qui nous séparaient du quai du RER. C'est dans une cohue indescriptible que nous nous sommes acheminés vers Saint Denis. A notre arrivée, la foule était encore plus importante. Les clameurs s'élevaient au nom de "Bayrou Président". Il nous fallut deux bonnes heures pour traverser la zone piétone de la ville qui s'tend sur seulement 300 mètres. Du jamais vu dans cette ville! La presse n'en revenait pas, elle qui pourtant est habituée à suivre les candidats dans tous leurs déplacements.

J'en ai fait des campagnes, j'en ai vu des foules mais comme ça jamais! Alors je rentre à Paris en métro et je reprends un taxi pour me rendre à mon hôtel. Pendant le trajet, je téléphonais et parlais de politique avec mes interlocuteurs. Une fois ma conversation terminée, mon chauffeur de taxi me dit ceci:"J'étais un électeur de Sarkozy mais il y a deux mois j'ai décidé de voter Bayrou et désormais mon choix est définitif". Et il ajouta que bon nombre de ses collègues en faisaient autant. Dire qu'il se passe quelque chose pendant cette campagne est un euphémisme. Une vague est en train de se former dans le pays et je ne vois pas qui peut désormais être en mesure de l'arrêter.