Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mardi 6 mars 2007

Elle voulait vider la mer avec une petite cuillère

Depuis l'annonce du plan de rigueur annoncé pour le redressement d'Airbus, ce sujet s'est invité dans la campagne présidentielle. C'est d'ailleurs bien normal que les prétendants à la Présidence de la République s'impliquent sur cette question essentielle touchant à l'avenir de l'aéronautique Française et Européenne mais aussi à la vie quotidienne de dizaines de millers de foyers.

Nicolas Sarkozy a commencé à soutenir le plan proposé par la Direction d'Airbus et par le Gouvernement pour faire volte face une fois venu rendre visite aux salariés d'Airbus à Toulouse. Dans un premier temps il proposait que le redressement d'Airbus soit l'affaire du privé mais il a du se rendre à l'évidence que sans l'appui des Etats cette affaire risque de ne pas trouver de plan durable.

François Bayrou, comme à son habitude, essaie de faire la synthèse pour trouver une solution viable. C'est pourquoi il souhaite que les Etats se mobilisent pour sauver Airbus mais sur des bases nouvelles que celles que nous avons connues par le passé. Dois-je rappeler que les nominations se faisaient plus par copinage qu'avec le souci de l'intérêt industriel. Que n'a-t-on vu de dirigeants bien vus par le pouvoir se révéler de mauvais gestionaires et repartir les poches pleines de stock options alors que l'entreprise devait faire face à de grandes difficultés. Pour François Bayrou il faut que les Etats Européens viennent en aide à Airbus comme les Etats Unis l'ont fait vis à vis de Boeing en faisant appel à la commande publique. Je veux rappeler ici que dans les années 90 la compagnie Air France était en faillite. L'Etat a alors injecté 20 milliards de Francs pour sauver la compagnie. Depuis lors Air France est sortie du rouge et est devenue la première compagnie mondiale. Si l'Etat n'avait pas agi comme il l'a fait, Air France aurait connu la liquidation judiciaire et aurait donc disparu comme d'autres compagnies l'ont fait. La solution Bayrou est donc la seule qui tienne la route et qui permette de sortir des difficultés dans lesquelles Airbus se trouve.

Ségolène Royal enfin a proposé que les Régions deviennent actionnaires d'Airbus pour participer au capital et apporter leurs contributions. C'est certes très sympathiques mais cela reste symbolique. La contribution des Régions représenterait 0,6% du capital, même pas de quoi donner aux Régions un siège au Conseil d'Administration. Madame Royal propose de vider la mer avec une petite cuillère! Cette proposition n'est pas sérieuse et ne relève que de la posture, le temps de faire une photo au milieu des Présidents de Régions socialistes, rien de plus.

Ce dossier montre réellement la capacité des uns et des autres à diriger un pays. Les uns improvisent, virevoltent, tandis que François Bayrou fait des propositions sérieuses et viables. C'est à l'épreuve des faits que l'on juge de la dimension présidentielle des candidats. Et franchement, sur l'affaire Airbus, Bayrou dépasse encore une fois tout le monde sans contestation possible.