Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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dimanche 4 mars 2007

Ils ne l'attendaient pas...

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal n'attendaient pas François Bayrou. L'un et l'autre s'étaient donnés rendez-vous pour cette élection sans imaginer qu'un trouble fête allait venir remettre en cause leur scénario. Car rappelez-vous, ils s'étaient désignés réciproquement adversaires, ils avaient décidé de se faire la guerre, la bonne vieille guerre droite-gauche, une guerre qui n'intéresse plus qu'eux. La gauche voulait battre la droite et la droite voulait battre la gauche.

Mais voilà qu'est apparu François Bayrou pour mettre tout le monde d'accord, non la gauche et la droite qui s'enfoncent dans leur logique dépassée de la guerre de tranchée, mais le peuple Français qui se sent soudain entendu. De ce fait le combat Sarko-Ségo prend un sérieux coup de vieux. Il y a un tel décalage entre les attentes de nos concitoyens et les discours stéréotypés voire caricaturaux des candidats de la gauche et de la droite qu'on sent un malaise monter dans ces deux camps. Les électeurs, même les plus fidèles de ces deux tendances s'interrogent puis se détournent pour rallier le camp Bayrou. Ils n'y croient plus parce que ces démarches sont celles d'un autre temps.

En revanche les Français croient en l'avenir. Ils sont particulièrement attentifs aux discours des uns et des autres. Il se trouve que la démarche de François Bayrou qui refuse la démagogie et qui propose à ses concitoyens de leur dire la vérité emporte l'adhésion du plus grand nombre. Car pour les Françaises et les Français que je rencontre, les intérêts de la gauche et de la droite sont bien les cadets de leurs soucis.

Fébriles, les candidats jumeaux Sarko-Ségo ne savent plus comment adapter leur campagne. La gauche a fait appel aux éléphants du PS! Ca n'est pas une vision pour l'avenir, c'est tout juste du rafistolage entre des tendances qui ont entre elles le minimum vital, se retrouver au pouvoir. Quant à la droite, après avoir prôné la rupture, elle cherche à incarner la continuité. Après avoir tenté l'ouverture elle se recroqueville sur elle-même. Elle en vient même à mettre en place une cellule de surveillance de François Bayrou. Ce sont les RG-maison façon UMP! Ces deux candidats donnent l'impression de perdre la main ou de perdre les pédales. C'est comme si deux acteurs avaient répété une pièce et que le soir de la représentation on leur demande d'en jouer une dont ils n'ont pas appris les rôles. Si ça continue le public va finir pas les siffler. Mais comme on n'est pas au théatre, le coup de sifflet se traduira pas un bulletin Bayrou dans l'urne!