vendredi 2 mars 2007
L’aide humanitaire et la transparence
Je participais hier à une réunion de la Commission des Migrations du Conseil de l’Europe qui traitait notamment de l’aide humanitaire. A intervalles réguliers, nous sommes confrontés à de graves catastrophes humanitaires qui se produisent sur la planète : le Darfour, le Soudan, le Sri Lanka sont synonymes de ces catastrophes mais aussi le Tsunami qui avait englouti près de 300.000 personnes en l’espace de quelques minutes.
Face à ces événements, la solidarité mondiale se met en place et fait appel non seulement à la générosité des Etats mais aussi à celle des particulers qui répondent par des dons qu’ils envoient à un certain nombre d’ONG comme la Croix Rouge par exemple. Mais les questions que l’on doit se poser sont les suivantes : l’aide parvient-elle à ceux qui en ont véritablement besoin et n’y a-t-il pas de déperdition du fait de la concurrence entre certains organismes chargés de récolter et de répartir les fonds ?
Ce sont les questions que nous soulevons au sein du Conseil de l’Europe. Il faut savoir que les catastrophes naturelles entrainent chaque année environ 10 millions de réfugiés et près de 20 millions de déplacés à l’intérieur des frontières de leurs pays. C’est un phénomène d’une ampleur tout à fait considérable. Les actions sont en général menées sous l’égide de l’ONU qui agit en coopération avec près de 180 organisations, agences de l’ONU, ONG comme la Croix Rouge, etc.
Nous imaginons que dans ces conditions il puisse y avoir des rivalités, des déperditions, de mauvaises coordinations, etc. Mais rappelons que l’objectif est de sauver des vies humaines, il faut donc corriger tout ce qui doit l’être afin de rendre le dispositif plus efficace.
C’est pourquoi nous avons demandé à ce que les missions soient menées par un organisme fort, l’ONU par exemple, mais qu’il puisse disposer de l’autorité nécessaire pour assurer une vraie coordination entre les différents acteurs, ce qui n’est pas vraiment le cas aujourd’hui. Je pense qu’il faut éviter la trop grande dispersion des agences qui souvent agissent dans leur coin sans en référer à personne. Enfin il est indispensable que l’action humanitaire soit soutenue par des équipes situées dans les pays concernés qui doivent pouvoir être formées au préalable. L’action que nous menons au sein du Conseil de l’Europe peut sembler moins spectaculaire que certaines prises de positions politiciennes Franco Françaises, mais ne croyez-vous pas que sur de tels sujets, on touche à l’essentiel ?
Ce billet, écrit à 06:11 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :