Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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Pour un second tour Bayrou/Sarkozy

Ce scénario est certes mon vœu et depuis le début de cette campagne. Parce que je souhaite que le débat présidentiel serve à quelque chose, cette configuration me semble nécessaire. Je reviens cinq ans en arrière où le second tour avait opposé Jacques Chirac à Jean Marie Le Pen. Cette situation avait été le fruit du choix des Français au premier tour qui avaient décidé de donner un « coup de pied dans la fourmilière ». Le vote Le Pen de ce premier tour avait exprimé un « ras le bol », constituait un coup de semonce à la classe politique en disant : « ça suffit, écoutez nous ».Hélas, le débat du second tour ou plutôt l’absence totale de débat au second tour laissa les Français sur le bord du chemin. Envolées les inquiétudes exprimées pendant la campagne, il fallait s’opposer à Le Pen et cette démarche venait ainsi mettre un terme à tout débat de fond.

Cette année la campagne est différente. Mais il y a une constante qui s’est même aggravée, c’est la préoccupation des Français face à l’avenir et leurs interrogations quant à la capacité des deux partis qui se partagent le pouvoir depuis 25 ans d’engager les réformes nécessaires pour permettre à la France de se relever. Le Pen est toujours là mais nos concitoyens commencent à considérer que ce vote est inutile sinon à consolider le système tel qu’il est, alors que les Français appellent à un changement profond de ce système à bout de souffle. La candidate socialiste est empêtrée dans ses problèmes internes mais aussi a atteint ses propres limites qui font que ses plus ardents défenseurs doutent désormais de sa capacité à se retrouver au second tour. Rappelons nous Jospin 2002 : il avait l’envergure, il était Premier Ministre sortant et avait conservé une cote de popularité élevée pendant toute la législature et pourtant il trébuchait dès le premier tour.

Alors, en 2007, il y a Bayrou. Il vient bousculer ceux qui souhaitent continuer dans le système de ces 25 dernières années qui nous a amené dans l’impasse. Mais en même temps il propose le rassemblement des Français pour sortir notre pays de cette crise politique dont les Français ne veulent plus entendre parler. 55% des Français souhaitent voir François Bayrou figurer au second tour de la présidentielle et 71% estiment qu’il faut cesser la guéguerre droite/gauche et constituer un Gouvernement d’union nationale. C’est pourquoi le débat Bayrou/Sarkozy serait utile et intéressant car il permettrait de situer au bon niveau les préoccupations des Français et surtout les solutions qu’ils attendent de leurs responsables politiques. Je pense sincèrement que dans les deux mois qui viennent le rapport de force va permettre de s’orienter vers un second tour de cette nature. Il en résultera l’exclusion des extrêmes de droite comme de gauche, il en résultera le renforcement de la démocratie. Les Français de tous horizons auront alors gagné.

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Commentaires

1. Le mardi 20 février 2007 à 11:55, par CedricA :: site

Petite remarque sur la conclusion :

Même si j'appel de mes voeux la présence de François Bayrou au second tour, je ne suis pas certain que l'exclusion de la gauche renforcera "la démocratie". Une deuxième veste du PS à l'élection présidentielle peut aussi risquer de provoquer un désanchantement des électeurs de gauche ce qui n'est pas forcément une bonne chose.

Je sais cependant que contrairement à Chirac en 2002, François Bayrou respecterai les électeurs de gauche qui voteraient pour lui au second tour s'il affrontait Nicolas Sarkozy. Mais notre démocratie est bien malade de sa représentativité, et priver les électeurs de gauche d'un vote d'adhésion n'est pas plus souhaitable que ce que voulait faire l'UMP en privant les électeurs de l'UDF de la possibilité de s'exprimer.

(Quoi, comment, je critique les propos du patron !! Ben oui on a le droit à l'UDF, vous ne saviez pas ? )

2. Le mardi 20 février 2007 à 23:02, par Christophe

VERS UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE…

Les électeurs de gauche n'ont pas besoin d'une fausse sollicitude.

S'ils décident de voter pour FB, c'est soit par défaut soit par volonté de s'unir à un mouvement de refonte idéologique constructive et synergique.
Ainsi, je pense que le mythe Ségolène disparaît peu à peu dans les méandres de ses promesses spéculatives.

Les électeurs de gauche et de droite commencent à accorder de la crédibilité au candidat Bayrou. A gauche, ils s’éloignent lentement mais sûrement de leurs repères politiques classiques et donc de leur représentante connue.

Chacun commence à faire le constat que la gifle, pas celle de Bayrou, reçue par Jospin et consort en 2002 n’a toujours pas été comprise et digérée par les élites du 10 rue de Solférino.

Aveuglés par des médias complaisants, ils ont idolâtré Sainte Marie-Ségolène en oubliant de vérifier si derrière l’image pieuse il y avait bien une carrure présidentielle indispensable.
Tant pis pour eux!

De son côté, FB fera appel à des gens de gauche et de droite non pas par clientélisme mais parce qu'il en aura besoin pour construire un socle démocratique stable.

En bref, Bayrou est en train de préparer une sorte d'assemblée constituante pour mettre en place ses stratégies de réformes.

Les électeurs de gauche restent avant tout des citoyens dont les voix ne pourraient être associées ad vitam à un camp ou un autre. Le désenchantement à gauche, s’il y a lieu, n’est que le résultat tragique d’une incompétence chronique des élites du PS à comprendre le peuple français et ses besoins vitaux.

La France a besoin d’espoir, d’honnêteté et de confiance envers sa classe politique. Même si M. Huchon et certains autres élus ne vont pas dans le même sens, tachons d’y travailler de notre côté!

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