André Bonny, mon suppléant, mon ami.
Par Rudy Salles, dimanche 11 février 2007 à 06:32 :: Politique :: #315 :: rss
André Bonny vient de nous quitter. Depuis plusieurs mois il luttait contre une terrible maladie. Jusqu'au bout il pensait avoir raison d'elle et c'est hélas elle qui vient d'avoir le dernier mot. Il y croyait et nous avons essayé d'y croire avec lui, alors que nous savions que de ce combat il ne pouvait pas sortir vainqueur. Je connaissais André depuis 25 ans. Nous avions siégé ensemble au Conseil Municipal de la ville de Nice. Il s'occupait avec un dévouement exemplaire des Anciens Combattants mais aussi de la Jeunesse et des Sports. Il faisait partie de ces serviteurs de la "chose publique" qui ne comptent ni leurs heures, ni leur fatigue pour remplir les missions qui leur sont confiées. En 1993 il acceptait de devenir mon suppléant dans la troisième circonscription des Alpes Maritimes où nous étions confrontés à Jean Marie Le Pen. Ce combat ne lui faisait pas peur, il le stimulait. Depuis lors il m'a accompagné dans ma tâche pendant trois législatures. Il me représentait partout où je ne pouvais être présent moi-même avec gentillesse et sens du devoir. Les gens l'appréciaient car c'était un homme de coeur. Il faisait beaucoup de bien autour de lui, de façon discrète mais avec une générosité qui forçait l'admiration.
André c'était la loyauté et la fidélité. Le Président de la République était son ami. Souvent Jacques Chirac lui adressait des lettres manuscrites pour lui rappeler son amitié. A chaque fois que je rencontrais le Président, il me demandait des nouvelles de "Dédé". Il avait une devise "servir et non se servir". Car André était un homme aux goûts modestes qui trouvait ses satisfactions dans les services qu'il pouvait rendre à ses contemporains. A mon égard la loyauté était parfaite et jamais en 14 ans de suppléance il n'y eut l'ombre d'un désaccord entre lui et moi. Et puis c'était un grand patriote. Il avait servi sous les drapeaux en Algérie et en rappelait le souvenir en particulier pour ceux qui n'eurent pas le bonheur d'en revenir. Il défendait les valeurs nationales avec conviction et ne manquait jamais une cérémonie au Monument aux Morts.
André incarnait enfin le courage. Jamais il ne se plaignait. Il avait enduré les souffrances de ces derniers mois avec une force de caractère incroyable. Il avait décidé de ne pas évoquer sa maladie avec moi: je respectais ce choix. Jusqu'au bout il a tenu à accomplir sa tâche de suppléant, et il l'a fait avec courage. Lundi soir il participait comme chaque semaine au conseil d'administration de l'association OGCNice, mardi après-midi il recevait encore de nombreux visiteurs à la permanence et il me parlait de ses projets à propos des futures échéances électorales. C'était un homme brisé par la fatigue et la maladie mais qui est resté debout jusqu'à son dernier souffle. Son départ est cruel pour tous ses amis et pour moi en particulier. Mais son exemple, celui d'un homme au service des autres, restera dans nos mémoires à jamais. Je lui dédierai ma prochaine campagne électorale car s'il était resté parmi nous il y aurait pris une part active. Merci André. Au revoir.
Commentaires
1. Le dimanche 11 février 2007 à 10:23, par Claude
2. Le dimanche 11 février 2007 à 11:27, par stephane
3. Le dimanche 11 février 2007 à 12:12, par Max
4. Le dimanche 11 février 2007 à 17:16, par Patrick & Françoise LAFARGUE
5. Le lundi 12 février 2007 à 09:31, par Martine DUBUS
6. Le lundi 12 février 2007 à 10:20, par Pierre SILVI
7. Le lundi 12 février 2007 à 15:35, par Jean François Pasquini
8. Le mardi 13 février 2007 à 11:41, par Annie Pasquini
9. Le mardi 13 février 2007 à 16:24, par Monique
10. Le mardi 13 février 2007 à 17:45, par Annie Pasquini
11. Le mardi 13 février 2007 à 20:51, par Philippe
12. Le mardi 13 février 2007 à 21:16, par VAIANI Marcel
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