Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mercredi 28 février 2007

Arabie: le feu couve.

Avec l'assassinat de quatre Français en Arabie Saoudite qui déjeunaient au bord de la route, se rappelle à nous la fragilité de ce pays. Je me souviens être allé en Arabie Saoudite en 2003 pour effectuer une enquête sur le fonctionnement du Parlement pour le compte de l'Union Interparlementaire. J'avais alors assisté aux réunions des commissions de cette jeune Assemblée créée il y a un peu plus de 10 ans. Les Parlementaires sont nommés par le Roi et non élus, aucune femme ne siège au sein de cette Assemblée, elles n'ont d'ailleurs pas non plus le droit de conduire une voiture ou de se promener seules dans la rue sans être totalement couvertes de noir, certains lieux leur sont même totalement interdits. Je me souviens d'une inscription à l'entrée du musée de Ryad qui indiquait: "interdit aux femmes non accompagnées d'un père, d'un mari ou d'un frère".

Dans cette société passée du moyen-age au troisième millénaire en l'espace de deux générations, les contrastes sont saisissants et suscitent en nous des réactions diverses. Autant de sentiments que j'avais livrés au Roi qui m'avait alors reçu pendant 1h30. Celui-ci me fit part de sa volonté de libéraliser la société Saoudienne et qu'il souhaitait peu à peu conférer des droits nouveaux aux femmes notamment en les associant au travail parlementaire en tant que conseillères. Ce serait un petit progrès mais qui dans ce pays ferait figure de révolution. Alors que j'interrogeais le Roi pour savoir pourquoi les Parlementaires n'étaient pas élus, il me faisait comprendre qu'en cas d'élections libres, Ben Laden serait au pouvoir!

Cette idée vous glace quand vous imaginez la puissance de ce pays dont le sous sol recèle les plus grandes réserves de pétrole au monde et la folie meurtrière d'Al Qaïda. Tout réforme engagée par le pouvoir politique, c'est à dire par le Roi, doit se négocier avec le pouvoir religieux le plus intransigeant, je veux parler de la mouvance Wahabite.

C'est pourquoi l'assassinat de quatre Français, les attentats survenus il y a quelques temps dans le quartier très fermé des ambassades de Ryad, nous rappellent la fragilité de l'édifice politique Saoudien qui menace de s'écrouler pour laisser la place aux plus fondamentalistes de la planète, ceux-là même qui sont capables de fomenter les attentats les plus terribles. Face à cette situation, la communauté internationale doit faire preuve de réalisme et de responsabilité car la moindre étincelle peut venir mettre le feu au Royaume et déstabiliser le monde entier.

mardi 27 février 2007

Dans 8 jours il y aura un nouveau Président à l'Assemblée Nationale

Nous sommes convoqués le mercredi 7 mars à 15h pour élire le nouveau Président de l'Assemblée Nationale. Cela est devenu nécessaire à la suite de la nomination de Jean Louis Debré à la présidence du Conseil Constitutionnel. L'Assemblée doit en effet être présidée même si celle-ci ne siège plus. Du fait de la proximité des élections présidentielles et législatives, l'Assemblée a suspendu ses travaux la semaine dernière. Néanmoins, l'Hôtel de Lassay ne peut rester vide de locataire. Il faut donc trouver un successeur à Jean Louis Debré.

Il s'agit donc d'élire un Président dont le mandat se terminera le 17 juin prochain et qui ne présidera aucune séance. Mais alors pour quoi faire? La gestion de l'Assemblée Nationale exige qu'un Président puisse signer les documents administratifs, recevoir d'éventuelles délégations hôtes de la France, représenter l'institution partout où elle doit être présente. Au delà de cette activité, le futur Président n'aura pas grand chose à faire, je le concède très volontiers.

L'affaire parait simple mais en réalité l'élection risque d'être plus compliquée qu'il n'y parait. En effet, la personne qui siègera, même pour une période très courte, aura été Président de l'Assemblée Nationale, quatrième personnage de l'Etat. Ca n'est pas rien! Et puis, le Président bénéficiera des "ors de la République", c'est à dire de l'Hôtel de Lassay. Ainsi les candidats se bousculent-ils au portillon, que dis-je sur le perron du Palais Bourbon. Il y a Patrick Ollier, compagnon de Madame Alliot Marie, qui vise le poste. Il assure qu'il est soutenu par la direction de l'UMP. Mais il y a aussi Pierre Méhaignerie, Président de la Commission des Finances, qui se verrait bien assis dans le fauteuil. Yves Bur, Député du Bas Rhin et vice Président de l'Assemblée se dit: pourquoi mas moi. Enfin il y a Claude Gaillard, Questeur de l'Assemblée, qui a fait acte de candidature. Cela fait beaucoup de prétendants et le Groupe UMP qui devra se déterminer, aura sans doute du mal à choisir. Les campagnes internes ont sans doute commencé et chacun tend à valoriser sa candidature. Mais pour ma part, je pense que c'est Claude Gaillard qui devrait l'emporter. Je peux bien entendu me tromper...Mais ce qui me laisse à penser qu'il a plus de chances que les autres c'est qu'il ne sera pas candidat aux législatives en juin prochain. Donc, une fois terminé son mandat de Président, il ne pourrait pas envisager de "rempiler" dans le prochain mandat. Et comme tous les prétendants et mêmes les autres ne veulent surtout pas hypothéquer l'avenir, il y a fort à parier que ce candidat à la durée de mandat limitée coiffe ses concurrents pour cette raison.

lundi 26 février 2007

Feu nourri sur Bayrou

La gauche et la droite se sentent brusquement déstabilisées. En effet, Sarkozy s'était fait une raison de devoir affronter Ségolène Royal. Après avoir hésité sur la façon de la combattre du fait qu'elle est une femme, les erreurs de la candidate socialiste lui avaient plutôt facilité la tâche. Et finalement il se disait que cette candidate était à sa portée... Du côté socialiste le positionnement très à droite du candidat de l'UMP leur facilitait la vie, pensaient-ils, puisqu'ils allaient pouvoir "ratisser large au centre". Le tout était aidé par la cohorte des médias qui avaient déjà décidé qu'au second tour l'affrontement serait le scénario Ségo/Sarko sans tenir compte de l'avis réel des Français et donc du choix qu'ils feraient au premier tour.

Pendant ce temps, François Bayrou traçait son sillon et proposait un choix nouveau. Pour lui l'ère de l'affrontement droite-gauche est révolue, il faut rassembler les Français et résoudre enfin les problèmes de notre pays. Ca n'était pas dans son esprit un pis-aller mais une nouvelle façon de faire de la politique où chacun trouverait enfin sa place et non comme cela se fait depuis 25 ans où le pouvoir est confisqué par l'UMP (ex RPR) et le PS. Dans un premier temps la gauche comme la droite ont décidé, de concert, d'ignorer le phénomène Bayrou qui était en train de se manifester. Il ne fallait surtout pas lui faire de publicité. Il n'en eut d'ailleurs pas besoin puisqu'il conquit la confiance des Français sans leur "aide". Il suffisait jusque là d'entendre s'exprimer la gauche ou la droite pour avoir envie de voter Bayrou. Leurs discours dépassés, leur volonté de monter une partie des Français contre l'autre, recueille de moins en moins l'assentiment de nos concitoyens. Pendant que François Bayrou continue de monter dans les sondages, Royal et Sarkozy rencontrent de sérieux "trous d'air". Madame Royal décide d'élargir alors son équipe à tous les "éléphants" du PS, ces "pachydermes" qu'on est allé sortir de leur retraite pour animer une campagne en panne. Au lieu d'un bon en avant, je prédis plutôt un retour en arrière à voir la tête des éléphants...Quant à Sarkozy, il cherche à rebondir mais la rythme semble s'épuiser. En campagne depuis tant de mois, promettant tout et le contraire de tout, les Français se lassent.

De ce fait le phénomène Bayrou ne fait plus rire la gauche et la droite, il panique même les deux camps. Alors fini le temps de l'ignorance à l'égard du candidat centriste, c'est maintenant le moment de l'offensive. Les attaques venant de la gauche et de la droite fusent. Ce rôle de composition des "assaillants" tendra, à mon sens, à renforcer encore François Bayrou qui continue son chemin tranquillement, rencontrant les Français, faisant des propositions réalistes pour l'avenir et montrant l'amour qu'il porte à la France quand les autres démontrent leur amour du pouvoir.

dimanche 25 février 2007

Bayrou: un programme économique réaliste et ambitieux

La présentation par François Bayrou de son programme économique appelé "social économie" est venue faire taire ceux qui disaient qu'il n'avait aucun programme. Leurs incantations relevaient de l'ignorance et de leur volonté de nuire à un candidat sérieux. Car enfin, à quoi a-t-on assisté? Chez Madame Royal à la présentation des 100 propositions, une sorte de "catalogue de la Redoute", où l'on propose mais dont on omet de parler de l'essentiel: le financement. Mais pour la gauche on connait la chanson: on fera payer les riches...sauf que ceux-ci sont de moins en moins nombreux car la fiscalité les fait fuir. Chez Sarkozy on a ouvert la "boite à promesses". C'est un peu le même principe, on promet à tour de bras, on ne chiffre pas mais pour être encore plus tentants, on propose la baisse des impôts. Je vous rappelle que Jacques Chirac avait déjà eu ce comportement en 2002 quand il proposait la réduction de l'impôt sur le revenu de 30% sur la durée de la législature. Il n'en fut évidemment rien! Dois-je rappeler que les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent...

Face à ces attitudes irresponsables, celle de François Bayrou marque la différence. Son programme est chiffré à 21 milliards d'euros mais ces dépenses sont compensées par 21 milliards d'économies. C'est donc un programme à coût zéro. Il désire arrêter les déficits et interdire par la constitution, les dettes relatives à des dépenses de fonctionnement. C'est en quelques sortes la gestion de notre pays en "bon père de famille" que nous propose Bayrou. Que des règles de sagesse et de responsabilité viennent s'inviter dans la comptabilité publique me semble enfin une bonne nouvelle. En effet, quand les autres candidats vous proposent de financer des dépenses publiques avec des chèques sans provision, François Bayrou propose de dire combien ça coûte et comment on finance. Ceci est très important car c'est l'intérêt de la France qui est en jeu et la France c'est nous. Le budget, la dette, les dépenses, les recettes, c'est l'argent du contribuable, c'est à dire notre argent. Alors il est normal que ce sujet soit prioritaire et que nous soyons exigeants à l'égard de ceux qui ont l'ambition de nous gouverner. Et pour l'instant, entre François Bayrou et ses concurrents, il n'y a pas photo. Il est bien le seul à tenir un discours responsable.

samedi 24 février 2007

Le retour des éléphants...

Après les trous d'air de la campagne et le début de traversée du désert en forme de dégringolade, Madame Royal qui avait méprisé à peu près tout le monde au PS en vient à faire appel aux "éléphants". Quand on sait à quel point de détestation se situe la qualité des relations entre la candidate socialiste et ses anciens concurrents, on imagine aujourd'hui l'ambiance qui doit exister au sein de la nouvelle équipe de campagne. Les Fabius et autres DSK, voire Jospin qui ressortent de leur retraite. Pierre Mauroy rappelé de Lille aux côtés de Martine Aubry dont il a eu la peau aux législatives. Tout ce beau monde se retrouve désormais aux côtés de Madame Royal pour relancer la campagne!

A la place de la candidate socialiste, je serais très inquiet de cette mobilisation "de bric et de broc" qui ne pourra en aucun cas créer une nouvelle dynamique. Il y a les recalés de l'investiture qui n'ont toujours pas avalé d'avoir été écartés au profit de Madame Royal dont ils estiment aujourd'hui, plus que jamais, les mérites inférieurs aux leurs. Il y a l'ancien Premier Ministre qui avait envisagé de sortir de sa retraite de l'ile de Ré pour se présenter aux Présidentielles et qui finalement y a renoncé sentant que le terrain était miné. Il avait pris conscience que cette élection interne était un traquenard. De son côté, Jack Lang qui doit revendiquer le rôle de rallié des premières heures doit vouloir coiffer médiatiquement les uns et les autres. Il y a aussi Montebourg, "carton jaune de la communication" qui refait surface mais qui doit se sentir sévèrement encadré par autant de caciques qui n'ont pas pour lui une amitié débordante. Il y a enfin François Hollande qui réussit à hériter d'un strapontin dans le dispositif en sa qualité de Premier Secrétaire du PS. Ils ont même été chercher Yvette Roudy, c'est dire! Attendez que tout ce beau monde se mette en route...vous n'avez pas fini d'être surpris. Les incohérences ne vont pas tarder à s'étaler au grand jour, les inimitiés à remonter à la surface et les couteaux à sortir de leurs étuis! On pourra jouer "règlement de compte à OK" Corral au sein même de l'équipe de campagne...Ou alors si l'on veut rester dans le domaine cinématographique, on peut envisager une nouvelle version des "éléphants ça trompe énormément"!

vendredi 23 février 2007

Ingrid Betancourt: 5 ans déjà

Cela fait déjà 5 ans qu'Ingrid BETANCOURT est détenue par les FARC en Colombie. Il y a quelques semaines, un ancien Ministre Colombien qui fut lui aussi l'otage de ces terroristes, réussit à s'évader et à recouvrer la liberté. Il avait été lui aussi détenu pendant une très longue période de plus de 6 ans. Revenu à la vie, il vient d'être nommé Ministre des Affaires Etrangères dans son pays. Il raconte cette histoire, cette détention terrible dans la jungle Colombienne. Dans cette situation, il rappelle comment il s'est accroché à la vie. Il prenait le temps de faire chaque geste avec lenteur comme pour occuper le temps, chaque minute gagnée sur le temps était une minute gagnée sur la vie. Les moindres gestes comme la toilette du matin ou la maigre vaisselle étaient attendus avec impatience. Enfin, il avait la chance de pouvoir écouter la radio, d'entendre les messages de soutien de sa famille, de ses amis. Il écoutait même Radio France Internationale ce qui lui permit d'apprendre le Français. C'est incroyable ce que la volonté de vivre arrive à révéler de force en l'homme.

J'espère de tout coeur que le sort qui a permis à cet otage de s'en sortir permettra bientôt à Ingrid BETANCOURT de recouvrer la liberté. En ce triste jour anniversaire, 5 ans déjà, je pense à cette femme courageuse qui doit lutter pour vivre dans la jungle Colombienne tenue par les FARC. Je pense à sa famille, à ses filles qui se battent au quotidien avec une dignité qui force l'admiration pour qu'Ingrid ne soit pas oubliée et que sa libération soit une exigence de tous les instants. Je regrette que le Gouvernement Français n'ait obtenu aucun résultat tangible sur ce sujet. Mais je garde l'espoir que les mois qui viennent soient des mois d'espoir, ceux d'une libération espérée par tous ceux qui sont attachés au respect des valeurs humaines.

jeudi 22 février 2007

Mobilisation pour 4,5 km

Hier soir se déroulait à la Trinité la grande réunion de concertation pour le prolongement de la ligne 1 du tramway. Nous étions venus en force soutenir ce projet: le Maire et son Conseil Municipal, le Conseiller Général, le Député mais surtout près de 500 Trinitaires. J'ai pour ma part rappelé que l'Etat avait accepté de financer la ligne 1 à condition qu'elle traverse le quartier de l'Ariane pour finir au terminus de la Trinité. Chacun a rappelé son attachement à voir ces travaux déclarés prioritaires. Rappelons également que ce tracé doit desservir le nouvel Hôpital Pasteur, l'Hôpital Sainte Marie, le quartier de Bon Voyage mais aussi la jonction des communes de Nice et de Saint André de la Roche.

Nous avons aussi évoqué, en présence de nombreux Maires du proche arrière pays de la vallée du Paillon, que les déplacements entre ces communes et Nice étaient nombreux mais effectués uniquement par la route. Et compte tenue de la saturation des axes existants, il nous parait indispensable de répondre à ces besoins par la solution du tramway.

Le Président de séance, en l'occurrence le Maire de Cagnes sur Mer, voyant la tonalité unanime des interventions, a compris que la Trinité était mobilisée et se battrait pour voir le "retour" du tramway dans la commune. En effet, jusqu'en 1954, le "tram" avait son terminus ici. Il ne s'agissait certes pas du même matériel roulant qu'aujourd'hui car les voitures de l'époque étaient moins confortables. Il y a toujours un peu de nostalgie à parler de ce passé qui est évoqué sur les vieilles cartes postales. La Trinité n'en n'appelle pas à un retour au passé mais à entrer dans le futur. Elle est prête à accueillir le terminus du tramway dans le quartier Anatole France avec parkings relais et gare multimodale tramway-TER. Des projets ambitieux que nous soutenons et dont nous espérons les délais de réalisation les plus rapides. Restons mobilisés car la partie n'est pas encore gagnée même si ce combat ne concerne tout au plus que 4,5 km!

mercredi 21 février 2007

Une après-midi fleurie

Permettez-moi une pause dans l’actualité politique pour aborder une actualité « florale ». Non je n’étais pas au carnaval de Nice ou à la « bataille des fleurs » en ce Mardi Gras printanier. Je me trouvais à Marseille, au Conseil Régional. L’ordre du jour n’était pas une de ces réunions de travail traditionnelles mais comportait un programme autrement plus alléchant et sympathique. J’assistais à la remise des distinctions aux communes de notre région les plus fleuries.

Vous avez sans doute comme moi vu à l’entrée de certaines communes, des panneaux jaunes sur lesquels sont inscrits en noir « villes et villages fleuris » et en dessous de cette indication figurent une ou plusieurs fleurs. Cela veut dire que la commune a été récompensée pour ses efforts en matière de décoration florale et d’embellissement.

Et si je me trouvais à Marseille pour assister à cette sympathique manifestation, c’est parce que le village de Falicon qui se trouve dans ma circonscription vient de recevoir sa première fleur. J’allais dire enfin ! Car Falicon est un magnifique village, particulièrement bien fleuri et qui organise depuis de nombreuses années la « fête de l’œillet ». Cette fleur, bien de chez nous que l’on trouve sur les collines Niçoises, déploie ses splendeurs chaque année dans cette commune qui lui sert d’écrin. Les compositions florales rivalisent d’ingéniosité tandis que les artisans de cette magnifique manifestation font preuve d’un talent extraordinaire. Falicon a donc attendu longtemps cette reconnaissance mais elle fait désormais partie des villages fleuris. Alors, si le cœur vous en dit, je vous invite à visiter ou à redécouvrir cette magnifique commune qui domine, sans arrogance mais plutôt avec élégance, Nice sa grande voisine. Vous aurez plaisir à arpenter ses ruelles, à découvrir les frises colorées de ses maisons, à contempler les couleurs de ses fleurs et à écouter le silence entrecoupé toutefois des cloches de sa magnifique église. Bienvenue à Falicon !

mardi 20 février 2007

Pour un second tour Bayrou/Sarkozy

Ce scénario est certes mon vœu et depuis le début de cette campagne. Parce que je souhaite que le débat présidentiel serve à quelque chose, cette configuration me semble nécessaire. Je reviens cinq ans en arrière où le second tour avait opposé Jacques Chirac à Jean Marie Le Pen. Cette situation avait été le fruit du choix des Français au premier tour qui avaient décidé de donner un « coup de pied dans la fourmilière ». Le vote Le Pen de ce premier tour avait exprimé un « ras le bol », constituait un coup de semonce à la classe politique en disant : « ça suffit, écoutez nous ».Hélas, le débat du second tour ou plutôt l’absence totale de débat au second tour laissa les Français sur le bord du chemin. Envolées les inquiétudes exprimées pendant la campagne, il fallait s’opposer à Le Pen et cette démarche venait ainsi mettre un terme à tout débat de fond.

Cette année la campagne est différente. Mais il y a une constante qui s’est même aggravée, c’est la préoccupation des Français face à l’avenir et leurs interrogations quant à la capacité des deux partis qui se partagent le pouvoir depuis 25 ans d’engager les réformes nécessaires pour permettre à la France de se relever. Le Pen est toujours là mais nos concitoyens commencent à considérer que ce vote est inutile sinon à consolider le système tel qu’il est, alors que les Français appellent à un changement profond de ce système à bout de souffle. La candidate socialiste est empêtrée dans ses problèmes internes mais aussi a atteint ses propres limites qui font que ses plus ardents défenseurs doutent désormais de sa capacité à se retrouver au second tour. Rappelons nous Jospin 2002 : il avait l’envergure, il était Premier Ministre sortant et avait conservé une cote de popularité élevée pendant toute la législature et pourtant il trébuchait dès le premier tour.

Alors, en 2007, il y a Bayrou. Il vient bousculer ceux qui souhaitent continuer dans le système de ces 25 dernières années qui nous a amené dans l’impasse. Mais en même temps il propose le rassemblement des Français pour sortir notre pays de cette crise politique dont les Français ne veulent plus entendre parler. 55% des Français souhaitent voir François Bayrou figurer au second tour de la présidentielle et 71% estiment qu’il faut cesser la guéguerre droite/gauche et constituer un Gouvernement d’union nationale. C’est pourquoi le débat Bayrou/Sarkozy serait utile et intéressant car il permettrait de situer au bon niveau les préoccupations des Français et surtout les solutions qu’ils attendent de leurs responsables politiques. Je pense sincèrement que dans les deux mois qui viennent le rapport de force va permettre de s’orienter vers un second tour de cette nature. Il en résultera l’exclusion des extrêmes de droite comme de gauche, il en résultera le renforcement de la démocratie. Les Français de tous horizons auront alors gagné.

lundi 19 février 2007

Voie rapide: ça coince!

Tout le monde à Nice attendait avec impatience le "doublement de la voie rapide", ce boulevard traversant la ville d'est en ouest et dont les travaux auront duré près de 40 ans. L'inauguration eut lieu vendredi matin. Outre le fait que le Député de la circonscription traversée par ladite voie n'ait pas été invité, je suis pour le moins choqué par la mise en scène de cet événement. Que Maire et Ministre arrivent dans un défilé de vieux tacots suivi à pieds par les invités du protocole qui n'ont pas eu droit au même mode de transport était déjà d'un goût douteux. Plus douteux encore le fait que pendant ce temps les Niçois étaient pris au piège d'embouteillages monstres attendant que les officiels aient fini de participer à ce corso inaugural. Que de rendez-vous manqués, d'argent perdu, pour ceux qui en outre financent, bien malgré eux, cette mascarade avec leur argent, je veux parler des contribuables.

Une fois les festivités municipales terminées, la nouvelle voie a été ouverte à la circulation des automobilistes. Mais voilà, la voie rapide a du être mise en circulation sans être tout à fait terminée. Ainsi, les panneaux indiquant les directions à prendre, donnant simplement le nom des sorties, n'ont pas été installés. Les piquets ont été posés mais les panneaux, pas encore. Je me mets à la place de ceux qui ne connaissent pas Nice et qui se retrouvent sur une voie rapide sans indication. Je n'avais encore vu cela nulle part! Cela n'a pas empêché les Niçois d'emprunter cette nouvelle voie pensant que leur temps de parcours allait s'en trouver réduit. Erreur: la sortie ouest dite "Grinda" est un véritable piège. En effet, la voie se termine par un feu tricolore puis débouche sur l'avenue Grinda qui elle même amène vers la route de Grenoble qui se retrouve paralysée. Ainsi, alors que la sortie de l'ancienne voie rapide se caractérisait, malgré ses dimensions modestes, assez fluide et permettait de se rendre vers l'aéroport et l'autoroute A8 dans des conditions acceptables, la nouvelle sortie aux heures de pointe se transforme en un piège à voitures où les Niçois seront invités à perdre leur temps. Très vite, ils comprendront que le meilleur itinéraire pour sortir de la ville reste encore la Promenade des Anglais et éviteront la voie rapide...

Comment des ingénieurs, comment des élus peuvent-ils imaginer et concevoir un tel ouvrage et se tromper à ce point? Ce doublement était indispensable, il était attendu, il est enfin réalisé mais il est devenu l'objet de reproches justifiés. La population se demande comment autant d'erreurs peuvent être commises par des responsables municipaux. Sans oublier en outre les désagréments subis par les riverains de l'avenue Grinda qui ont désormais le plus grand mal à rentrer chez eux ou à en sortir. Je pense qu'un peu de de consultation des riverains et des automobilistes aurait pu éviter de tels errements. Mais chacun sait bien que l'écoute de la population n'est pas le fort de la municipalité!

dimanche 18 février 2007

Bravo à la Cour de Cassation

La juridiction suprême vient de casser un arrêt de la Cour d'Appel de Paris qui avait refusé de voir dans les déclarations de Dieudonné des propos antisémites. Jugez plutôt, pour Dieudonné, les juifs étaient assimilés à une secte, à une escroquerie. Ceux que certains osent encore appeler un "humoriste" manifeste à tous moments une haine des juifs qui s'apparente à un véritable acharnement. Devant de tels propos, la Cour d'Appel de Paris n'avait pas jugé utile de condamner cet individu considérant que ces propos n'étaient pas sanctionnables!

Pour la Cour de Cassation réunie cette fois en formation pleinière, il en va tout autrement. La Haute Juridiction a estimé en effet, que "ces propos ne relevent pas de la libre critique du fait religieux, participant d'un débat d'intérêt général mais constitue une injure visant un groupe de personnes à raison de son origine, dont la répression est une restriction nécessaire à la liberté d'expression dans une société démocratique". Ainsi l'affaire va-t-elle retourner devant la Cour d'Appel de Versailles pour être jugée sur le fond mais cette fois la Cour devra se conformer aux orientations prises par la Juridiction Suprême.

Voilà une décision qui honore notre justice et qui renforce la démocratie. Le système démocratique s'il permet à chacun de vivre librement, il garantit aussi la dignité de tous. Ainsi si la liberté de certains porte atteinte à la dignité d'autres personnes, alors cette liberté doit trouver ses limites. Et si celles-ci sont dépassées, la Justice doit les rappeler et condamner ceux qui les enfreignent. C'est, je l'espère, le sort qui sera réservé à ce triste sire de Dieudonné.

samedi 17 février 2007

L'affaire Duhamel: la paille et la poutre.

Alain Duhamel, journaliste politique de talent, vient d'être suspendu d'antenne sur France 2 pour avoir "osé" afficher sa différence en faveur de François Bayrou en novembre dernier dans une réunion organisée par des étudiants UDF. Alain Duhamel est depuis toujours un Européen convaincu et trouve chez Bayrou la seule volonté politique cohérente dans ce domaine. Et bien exit Duhamel sur les antennes du service public de la télévision mais aussi à la radio. Alain Duhamel est sanctionné dans un environnement médiatique qui a pourtant mis en place un système de propagande en faveur de deux candidats qu'ils ont pré-sélectionnés. Et comme la candidate socialiste montre quelques faiblesses, on commence à ne plus concentrer ses faveurs que sur un seul candidat. Il n'est qu'à voir les comportements obséquieux des uns et des autres à l'égard du Ministre de l'Intérieur. Ces comportements valent déclarations de soutiens. Et ces attitudes viennent d'en haut, de la hiérarchie des services de l'information des chaînes.

Il y a un vieux dicton Français qui veut que l'on voit la paille dans l'oeil d'autrui et non la poutre dans son propre oeil. C'est un peu ce qui vient d'arriver à la Direction de l'Info sur la 2 par rapport à Duhamel. Mais comme François Bayrou ne manque jamais une occasion de dénoncer le système sur les plateaux de télévisions en mettant les artisans de cette propagande face à leurs responsabilités en prenant les télespectateurs à témoin, cette affaire ne pourra pas continuer ainsi impunément. D'ailleurs, les différents sondages sur le matraquage médiatique montrent que les Français en ont assez. Ils veulent être informés et non manipulés.

vendredi 16 février 2007

André Bonny: l'hommage populaire

J'appréhendais cette journée car accompagner un ami jusqu'à sa dernière demeure est toujours une épreuve. Mais je souhaitais que cet hommage soit à la hauteur de ce qu'André Bonny méritait. Pendant que le cortège s'étirait le long de la Promenade des Anglais qui avait revêtu ses habits d'azur, je songeais à toutes années partagées avec André, mon suppléant, mon ami, à parcourir les rues de Nice, à assister à toutes sortes de réunions, à mener des campagnes électorales, à distribuer des tracts et même à coller ensemble des affiches. Que de souvenirs défilaient devant mes yeux alors que le corbillard avançait en direction de Sainte Réparate. Arrivés devant la Cathédrale après avoir difficilement pu se frayer un chemin dans les ruelles étroites de la vieille ville, nous avons été entourés par des centaines d'amis venus pour rendre un dernier hommage à André. L'Eglise était pleine, toutes les places assises étaient occupées et il y avait des centaines de personnes debout. Des dizaines de drapeaux tricolores ornaient la nef. Jamais je n'avais vu autant de monde et de drapeaux dans une telle cérémonie. Il y avait là les "autorités" bien entendu. Mais il y avait surtout le peuple de Nice qui était venu s'incliner devant le cercueil de celui qui était pour beaucoup l'ami. Beaucoup de larmes et d'émotion. J'ai même vu une personne venir communier avec la photo de son mariage civil qu'André Bonny avait fait à la Mairie de Nice au temps où il était conseiller municipal.

C'est dans cette simplicité, dans cette vraie grandeur que se sont déroulées les obsèques d'André Bonny, ce grand serviteur de la France comme de la ville de Nice. Le soir, je me rendais à Cannes à l'invitation du Président de la République pour le diner en l'honneur des Chefs d'Etats Africains. C'est alors que nous échangions avec Jacques Chirac qui était l'ami personnel d'André. Le Président de la République regrettait de n'avoir pas pu participer personnellement à ses funérailles mais avait été présent en appelant sa famille et en envoyant une magnifique gerbe de fleurs blanches. L'hommage a été total et sincère. J'en suis heureux pour André Bonny et pour sa famille car il était tellement mérité... Maintenant il va falloir continuer la route sans lui mais en pensant à son courage, à sa détermination, à son amour de la France, à son désir de servir les autres. Ce sont des leçons que nous retiendrons et qui viendront épauler nos actions pour le futur. Merci André.

jeudi 15 février 2007

Hollande: carton rouge!

Il faut croire que la montée dans les sondages de François Bayrou, le fait qu'il soit catalogué de "3ème homme" dans cette campagne, commence à agacer sérieusement ceux qui voulaient rester entre eux et surtout limiter le choix des électeurs Français. Ainsi en est-il de François Hollande, Premier Secrétaire du PS et accessoirement Monsieur Royal dans le civil. Invité hier matin sur le plateau de la "matinale" de Canal Plus, les journalistes l'ont interrogé pour connaitre son point de vue sur François Bayrou comme "3ème homme". La question n'a pas plu, mais alors pas du tout, au chef de file des socialistes. Il a immédiatement rétorqué que le seul "3ème homme" était Jean Marie Le Pen. Il a insisté à trois reprises pour être bien entendu mais sentant que c'était un aveu qui pouvait être très interprété, il a ajouté "hélas".

Hélas pour lui, son insistance pour que Le Pen figure à un niveau élevé au premier tour a laissé un goût amer, très amer pour ceux qui combattent sincèrement l'extrême droite et qui sont en train de se féliciter de la baisse dans tous les sondages de Jean Marie Le Pen. François Hollande vient de révéler qu'il préfère voir la montée de Le Pen plutôt que la montée de Bayrou. Les électeurs socialistes apprécieront cette position révélatrice du jeu politicien malsain entretenu par le Premier Secrétaire du PS. Or, les électeurs socialistes ne sont pas sur cette ligne. Ils sont attachés à la démocratie et s'opposent à l'extrême droite. Le jeu pervers de François Hollande vient creuser un peu plus l'écart existant entre les électeurs socialistes et le principal dirigeant du PS. Et j'entends de nombreux électeurs socialistes exprimer leur "ras le bol" de ces postures et trouver François Bayrou de plus en plus sympathique. Ainsi va la démocratie. En attendant, permettez-moi d'adresser un carton rouge à Monsieur Hollande qui portera longtemps les effets négatifs de telles attitudes.

mercredi 14 février 2007

Royal...ça fait pschitt!

Dimanche dernier, le PS avait fait les choses en grand: mise en scène, éléphants présents au premier rang, ségosphère en ébulition et même veste rouge pour la candidate. Le discours avait été écrit, à la virgule près, par des "plumes" sélectionnées pour l'occasion. Madame Royal n'avait plus qu'à lire le texte ainsi rédigé. Il ne fallait rien oublier, en donner à tout le monde. Pendant près de deux heures, la candidate a ainsi fait couler le robinet à promesses en tentant, parfois, d'y mettre un peu du sien. Si peu! Le temps fort fut le moment où elle déclara qu'elle voulait que les enfants de France aient les mêmes chances que les siens. Et voilà que la candidate laissait la place à la mère de famille: mettant son poing contre son ventre, elle déclara qu'elle avait cette conviction chevillée au corps. C'est beau. C'est même très original comme campagne où soudain une candidate veut se transformer en "mère de la Nation". Mais franchement cela convainc peu, il n'est qu'à voir les premiers sondages effectués au lendemain de la "réunion fondatrice": Madame Royal perd encore 1,5 point. C'est dire! En d'autres temps, on aurait dit qu'elle avait fait pschitt.

Il faut dire qu'au fur et à mesure qu'elle ouvrait la boite à promesses, il y avait de mauvais esprits pour tenter de chiffrer celles-ci et pour voir combien de milliards d'euros cela coûterait au contribuable. Exercice de mauvais goût pense-t-on au PS, mais exercice nécessaire pensent les Français qui en ont assez d'être abusés par des candidats. C'est peut-être aussi pour cela que la candidate du Poitou Charente a du mal à franchir l'obstacle de la crédibilité. Ceci est plutôt rassurant pour la démocratie.

mardi 13 février 2007

Les ralliements des notables, un air de déjà vu!

En 1995, je faisais campagne pour Edouard Balladur. Les sondages étaient au plus haut. Les ralliements affluaient de toutes parts. Tous les "poids lourds", les ministres, signaient leur soutien à Balladur. Son état major ne se posait d'ailleurs pas la question de savoir si l'ancien Premier Ministre allait être élu mais plutôt quel serait son score. Un certain Nicolas Sarkozy faisait même circuler l'information selon laquelle il pourrait être élu dès le premier tour, demandant de ce fait à Jacques Chirac de se retirer pour ne pas prendre le risque de faire perdre la droite...

Douze ans après, cette leçon me sert encore à tempérer les ardeurs de ceux qui nous prédisent le même scénario. Je leur rappelle que l'affulence des "barons", des notables, de ceux qui attendent quelques récompenses post électorales ne font pas une élection. Les proprétaires de l'élection ce sont les citoyens Français et eux seulement. Et franchement, je ne suis pas convaincu qu'ils se sentent concernés par ces jeux politiciens qui se déroulent devant eux par des ralliements qui frisent l'indécence. Croyez-vous que les électeurs aient envie de changer d'avis parce que tel Député ou tel Maire a décidé de tourner sa veste ou de changer de casquette? Je ne le crois pas, ce serait même une insulte faite à nos concitoyens que de le croire.

Alors ceux qui veulent changer de camp, ceux qui veulent trahir leur famille politique sont libres de le faire. Mais qu'ils ne pensent pas emmener avec eux ceux qui ont fait un choix en conscience, un choix responsable et qui entendent s'y tenir. La politique n'est pas un spectacle, c'est une chose sérieuse. Ils donnent une bien piètre image d'eux mêmes et indiquent par de tels revirements qu'ils n'ont pas vraiment de convictions. Tant pis pour eux et pour leur crédibilité. Je souhaite sincèrement que dans quelques semaines il auront à le regretter.

dimanche 11 février 2007

André Bonny, mon suppléant, mon ami.

André Bonny vient de nous quitter. Depuis plusieurs mois il luttait contre une terrible maladie. Jusqu'au bout il pensait avoir raison d'elle et c'est hélas elle qui vient d'avoir le dernier mot. Il y croyait et nous avons essayé d'y croire avec lui, alors que nous savions que de ce combat il ne pouvait pas sortir vainqueur. Je connaissais André depuis 25 ans. Nous avions siégé ensemble au Conseil Municipal de la ville de Nice. Il s'occupait avec un dévouement exemplaire des Anciens Combattants mais aussi de la Jeunesse et des Sports. Il faisait partie de ces serviteurs de la "chose publique" qui ne comptent ni leurs heures, ni leur fatigue pour remplir les missions qui leur sont confiées. En 1993 il acceptait de devenir mon suppléant dans la troisième circonscription des Alpes Maritimes où nous étions confrontés à Jean Marie Le Pen. Ce combat ne lui faisait pas peur, il le stimulait. Depuis lors il m'a accompagné dans ma tâche pendant trois législatures. Il me représentait partout où je ne pouvais être présent moi-même avec gentillesse et sens du devoir. Les gens l'appréciaient car c'était un homme de coeur. Il faisait beaucoup de bien autour de lui, de façon discrète mais avec une générosité qui forçait l'admiration.

André c'était la loyauté et la fidélité. Le Président de la République était son ami. Souvent Jacques Chirac lui adressait des lettres manuscrites pour lui rappeler son amitié. A chaque fois que je rencontrais le Président, il me demandait des nouvelles de "Dédé". Il avait une devise "servir et non se servir". Car André était un homme aux goûts modestes qui trouvait ses satisfactions dans les services qu'il pouvait rendre à ses contemporains. A mon égard la loyauté était parfaite et jamais en 14 ans de suppléance il n'y eut l'ombre d'un désaccord entre lui et moi. Et puis c'était un grand patriote. Il avait servi sous les drapeaux en Algérie et en rappelait le souvenir en particulier pour ceux qui n'eurent pas le bonheur d'en revenir. Il défendait les valeurs nationales avec conviction et ne manquait jamais une cérémonie au Monument aux Morts.

André incarnait enfin le courage. Jamais il ne se plaignait. Il avait enduré les souffrances de ces derniers mois avec une force de caractère incroyable. Il avait décidé de ne pas évoquer sa maladie avec moi: je respectais ce choix. Jusqu'au bout il a tenu à accomplir sa tâche de suppléant, et il l'a fait avec courage. Lundi soir il participait comme chaque semaine au conseil d'administration de l'association OGCNice, mardi après-midi il recevait encore de nombreux visiteurs à la permanence et il me parlait de ses projets à propos des futures échéances électorales. C'était un homme brisé par la fatigue et la maladie mais qui est resté debout jusqu'à son dernier souffle. Son départ est cruel pour tous ses amis et pour moi en particulier. Mais son exemple, celui d'un homme au service des autres, restera dans nos mémoires à jamais. Je lui dédierai ma prochaine campagne électorale car s'il était resté parmi nous il y aurait pris une part active. Merci André. Au revoir.

samedi 10 février 2007

La marche de la tolérance

Demain dimanche, une marche réunissant les cultes chrétiens, juifs et musulmans partira d’Acropolis à 14h30 pour rejoindre la place Masséna et procèdera à la plantation d’un arbre de la paix. Cette démarche, à la veille d’une consultation électorale majeure dans notre pays et alors que certains veulent opposer les Français entre eux, est un message réconfortant dans lequel, je l’espère, nombreux se reconnaîtront. Je suis opposé à tout extrémisme, d’où qu’il vienne, car cette tendance vise à séparer les hommes, à les opposer souvent de façon artificielle. Or justement, les principes Républicains doivent nous rassembler sous la devise « Liberté, Egalité, Fraternité ». Dans notre République laïque, chaque citoyen est égal en droits et doit être respecté pour ce qu’il est, un membre à part entière de la communauté nationale. Chacun a parfaitement le droit de pratiquer le culte de son choix. La République lui garantit cette liberté et le protège contre toute agression qui pourrait résulter de ce choix. Pour autant, la République ne reconnaît pas les communautés. Chacun a le droit de s’associer, de se retrouver dans un groupe dont il partage les valeurs philosophiques, religieuses, spirituelles, etc. Mais le citoyen reste un être à part entière que la République reconnaît en tant que tel.

La marche symbolique de paix initiée par les trois grandes religions monothéistes de notre ville procède de cet esprit d’ouverture et de tolérance prôné par la République. Celles et ceux qui cherchent à opposer les uns aux autres en fonction de leurs croyances, de leurs cultes, de leurs pratiques religieuses, en seront pour leur frais. L’esprit de fraternité qui est affiché au fronton de nos Mairies est partagé par les grandes religions qui existent dans notre pays. Il convient de multiplier les messages de paix et d’espoir tels que ceux-là. Cette démarche est d’autant plus forte qu’elle est à l’initiative de religieux qui ont décidé porter ce message au grand jour et dans un esprit œcuménique et généreux. J’aurai à cœur de me trouver à leurs côtés dans cette marche pour montrer que cette fraternité est une affaire qui nous concerne tous et qui doit être encouragée.

vendredi 9 février 2007

La loi du plus juste contre la loi du plus fort

Tel est le leit motiv exprimé par François Bayrou lors de la réunion publique qu'il a tenu à Bordeaux et qui avait pour thème le social. En effet, ses opposants disaient avec un brin de condescendance, que le candidat centriste n'avait pas de programme. C'est curieux comme ceux qui soutiennent d'autres candidats sont pressés de connaitre les idées de François Bayrou alors qu'ils manifestent beaucoup moins d'impatience pour leurs propres candidats. En effet, je n'ai pas entendu beaucoup de propositions dans les déclarations de la droite ou de la gauche. Ils en exigent de Bayrou et rapidement pour pouvoir s'en inspirer. Il est vrai que nombre d'idées venant du centre comme la dictature médiatique ou encore l'idée d'un rassemblement droite-gauche commencent à être reprises par le duo Sarko-Ségo. Ceci étant, il vaut mieux l'original que la copie. Chacun peut voir la valse permanente des candidats droite-gauche sur l'ensemble des sujets et donc se rendre compte du peu de convictions qu'ils expriment.

François Bayrou a basé son programme sur "la loi du plus juste contre la loi du plus fort". Il n'est pas besoin d'épiloguer très longtemps sur ce que sous-tend cette expression. Ca n'est ni plus ni moins que l'illustration de la maxime Républicaine "Liberté, Egalité, Fraternité". Mais, me direz-vous, si la République repose sur ces principes, pourquoi donc les affirmer à l'aune d'une campagne électorale? Tout simplement parce que les bases de la République ne sont plus respectés. On se gargarise de mots mais on fait le contraire. Et de ce fait les Français ne croient plus en l'idéal Républicain. Or cet idéal au rayonnement universel mérite d'être remis à l'ordre du jour. C'est pourquoi François Bayrou propose cette notion de "loi du plus juste" qui viendra restaurer l'éthique Républicaine et rendra ainsi l'espoir aux Français.

jeudi 8 février 2007

Non à l'amnistie!

J'ai voté contre la dernière loi d'amnistie présentée par le Gouvernement en 2002 et votée par l'UMP. Pour moi, ce principe ne correspond pas à l'éthique de la République mais s'apparente plutôt au "fait du prince". De ce fait, les citoyens se réjouissent de l'approche d'une campagne présidentielle en se disant qu'ils pourront être lavés des fautes qu'ils auront commises. Certaines personnes sont venues me voir afin de me demander conseil pour savoir s'ils devaient payer leurs amendes ou non. Je leur ai répondu de façon catégorique qu'il fallait assumer ses responsabilités, de préférence ne pas commettre d'infraction et sinon payer les pénalités dont on peut être redevable. Et ce que je dis là je me l'applique à moi-même en payant mes propres PV contrairement à ceux qui peuvent chercher des passe-droits.

La désastreuse conséquence de cette situation, c'est que la vigilance des automobilistes se relache au point d'enregistrer, pour le mois de janvier, une hausse de plus de 13% des morts sur les routes de France. Triste bilan pour un pays qui était arrivé à voir le nombre de victimes sur les routes baisser régulièrement depuis quelques années. La prespective d'une amnistie éventuelle en est la principale cause. J'en suis profondément révolté et souhaite très sincèrement que les automobilistes se ressaisissent car cette dérive est inadmissible. D'autre part, je me félicite que François Bayrou ait d'ores et déjà annoncé qu'il ne proposerait pas de loi d'amnistie. C'est une proposition juste à laquelle je souscris. Je regrette que Madame Royal, qui fut interrogée sur ce sujet, ait refusé de répondre, espérant sans doute "grapiller" quelques voix du côté des chauffards! C'est pitoyable. Ses débats participatifs ne lui ont sans doute pas enseigné qu'il fallait savoir prendre des positions et les assumer ensuite, même si elles ne satisfont pas tout le monde. C'est ce qu'on appelle gouverner. Mais ces qualités ne sont décidément pas à la portée de tous les candidats!

mercredi 7 février 2007

De la gesticulation euphorique à la triste réalité

En ce début d’année où les différentes cérémonies de vœux ont permis aux uns et aux autres de s’exprimer, la palme de la gesticulation euphorique revient au Maire de Nice. Chaque intervention de sa part revient à vouloir mettre en scène son bilan pour rendre sa prochaine candidature incontournable. Mais à y regarder de plus près, son euphorie ne correspond pas à la réalité Niçoise, jugez plutôt.

Ce mandat aura été marqué par des scandales qui auront entraîné de nombreuses mises en examen, des incarcérations et condamnations de plusieurs de ses proches, collaborateurs et colistiers. La corruption aura touché plusieurs grands dossiers municipaux comme le projet de grand stade, la réalisation du tramway ou encore l’affaire dite « Sulzer » relative à la construction d’un hôtel sur le quai de Etats-Unis.

Mais au-delà de ces « affaires », il y a la gestion des dossiers municipaux qui semble pour le moins hasardeuse. Le chantier du tramway tout d’abord est, de l’avis de tous les Niçois, un problème majeur car personne ne semble en voir la fin. Chantier mal maîtrisé, avançant à toute petite vitesse, des rails placés trop haut, des trottoirs défoncés provoquant de nombreux accidents corporels aux piétons qui viennent grossir les rangs des visiteurs des urgences à Saint Roch, etc. Et que dire des délais de réalisation et du coût ! Les travaux ont commencé en même temps que ceux du tram parisien, mais ce dernier fonctionne depuis près de deux mois alors qu’à Nice plus personne n’ose avancer une date de mise en service. Ajoutez à cela le marché du centre de maintenance du Rouret qui vient d’être annulé par le tribunal administratif. Et que dire du coût de sa réalisation…personne n’est à même de dire quel sera le montant exact de la facture mais chacun sait bien que le tram Niçois sera le plus cher de France au kilomètre.

Le grand stade : fiasco ! Après que le Maire de Nice ait décidé de sa construction à Saint Isidore, la justice vient y donner un coup d’arrêt. La ville devra indemniser les entreprises pour au moins 10 millions d’euros et le stade ne se fera pas…avant longtemps.

La nouvelle Mairie à la place de la gare du Sud : projet inutile et coûteux s’il en est. Le Maire voulait son arc de triomphe, quitte à raser la bonne vieille gare des chemins de fer de Provence à laquelle les Niçois ont exprimé leur attachement. Ce projet, après avoir coûté fort cher en études est rentré dans les tiroirs dont il n’aurait jamais du sortir. En revanche, le projet de parking tant attendu à la Libération est également en souffrance comme d’ailleurs l’ensemble des parcs autos de la ville. Il est vrai que les automobilistes sont mal vus par la municipalité !

On pourrait aussi parler de l’asphyxie de la cité dans laquelle toute circulation devient problématique et qui paralyse l’activité économique. Mais là aussi la Municipalité fait preuve d’indifférence. Il est certes prévu d’inaugurer le doublement de la voie rapide dans quelques semaines mais c’était un projet programmé depuis 40 ans auquel les différentes municipalités ont participé et que l’actuelle mettra enfin en service.

Outre ces ratées dont la liste n’est hélas pas exhaustive, il y a l’ambiance générale qui fait que la population en a assez d’être prise à ce point pour des gogos. Le discours ne passe pas car il n’est tout simplement pas crédible. Tout le monde est en mesure de le constater et de le déplorer. Alors le Maire de Nice peut toujours se complaire dans des numéros d’autosatisfaction, il a perdu depuis longtemps la confiance des Niçois à un niveau qui a dépassé le point de non retour. Et je passe sur ses vieux penchants pour l’extrême droite que certains croyaient oubliés : n’a-t-il pas déclaré récemment qu’il pourrait voter Le Pen au deuxième tour des présidentielles !

Comme vous pouvez le constater et comme vous êtes de plus en plus nombreux à le témoigner cette situation inspire plus de tristesse que d’euphorie dans une ville qui mérite pourtant mieux que le sort qui lui est réservé par son Maire et son équipe d’affidés. Il est grand temps que l’heure du changement sonne au carillon municipal.

mardi 6 février 2007

Ca monte...

Nous entrons dans cette campagne électorale avec enthousiasme et confiance. Et ces sentiments se renforcent jour après jour car le climat que nous rencontrons sur le terrain se révèle extrêmement favorable en ce qui concerne la candidature de François Bayrou. Les gens que je rencontre viennent me dire qu'il faut mettre fin au duo droite-gauche et que le temps du changement est venu. Notre candidat est de plus en plus cité et apprécié par la population qui commence à s'intéresser à ce grand débat national. Et cette fois, les Français ont bien l'intention de voter pour le changement, le vrai.

Nombre de nos concitoyens viennent se mettre à disposition de la campagne électorale spontanément. Ce ne sont pas des encartés à l'UDF ou des militants, mais des gens qui souvent n'ont jamais fait de politique de leur vie et qui disent que le moment est venu de s'engager. C'est la "majorité silencieuse" qui se met en campagne. C'est cela la démocratie, celle où chacun peut participer au débat, prendre toute sa part dans l'avenir de son pays.

Ce mouvement spontané commence à inquiéter les états majors de droite comme de gauche. Ceci, semble-t-il, n'était pas prévu dans leurs plans de campagnes. A gauche on commence à se dire que peut-être Ségolène Royal pourrait bien ne pas parvenir au second tour. Et à droite on s'inquiète de voir l'émergence de François Bayrou qui lui pourrait bien se trouver présent au second tour. Car le candidat centriste se trouverait alors en mesure de rassembler les Français beaucoup plus largement que ceux qui représentent la droite et la gauche.

Ce ne sont là que des projections, des hypothèses mais qui, jour après jour, deviennent crédibles aux yeux de nos concitoyens. Les Françaises et les Français ont besoin de vérité et d'authenticité. Ils ont du mal à s'y retrouver à gauche ou à droite où la démagogie tient lieu de programme. C'est bien la raison pour laquelle autant de nos concitoyens rejoignent François Bayrou. En terme cullinaire, on pourrait dire que la béarnaise est en train de prendre!

dimanche 4 février 2007

Où était passée Madame Royal?

Depuis quelques jours on n'entendait plus et on ne voiyait plus Madame Royal. Pourtant cette dernière nous avait habitué à se montrer beaucoup et à faire des déclarations tonitruantes. Peut-être un peu trop au goût de certains de ses amis qui commencent à considérer qu'il y a un problème "Royal".

En effet, après le grand "show" de la désignation qui consista à éliminer Fabius et DSK sur l'air de "lève toi de là que je m'y mette", Madame Royal s'est sentie soudain autorisée à dire n'importe quoi et à s'improviser candidate à la Présidence de la République, que dis-je, presque Présidente. Elle s'y voyait déjà (en haut de l'affiche), elle flottait sur son nuage et pensait que rien ne pouvait plus lui arriver. Mais l'expression des pensées de la candidate la ramenèrent au niveau basique. Qu'imaginer d'une candidate qui assure la promotion de la Justice Chinoise, qui propose l'indépendance du Québec et assure que celle de la Corse serait bien perçue des Français? Dans la même semaine, cela fait beaucoup pour les socialistes qui commencent, et le mot est faible, à douter de ses capacités non à gouverner (c'est désormais une certitude) mais à arriver jusqu'au second tour.

Alors la nouvelle stratégie de son équipe de campagne est de ne plus la montrer et de ne plus la faire parler sauf à lui faire lire des discours pré-rédigés comme ce fut le cas à Grenoble ces jours ci. Certains pensent ainsi limiter la casse à défaut de remonter la pente. C'est tout de même la première fois que pendant une campagne électorale on cherche à cacher et à faire taire un candidat. Remarquez, il y a quelques semaines elle prenait l'initiative de faire taire son propre porte parole Arnaud Montebourg. Un porte parole muet, c'était déjà une première. Reste que ce silence ne durera pas longtemps car de gré ou de force, les média qui en avaient fait une icone, voudront l'entendre à nouveau ne serait-ce que pour la placer face à ses propres contradictions. Et puis, "Madame je sais tout" voudra bientôt réapparaître en pleine lumière pour exprimer à nouveau sa vision politique. J'imagine que son équipe de campagne doit redouter son retour actif dans la campagne!

samedi 3 février 2007

Le Gouvernement à moitié absent

Certes il y a une campagne électorale et il convient que chacun puisse y participer, y compris les Ministres. Mais ces derniers sont en charge de responsabilités et ne peuvent impunément s'y soustraire. Ainsi, cette semaine les bancs des Ministres de l'Assemblée Nationale étaient-ils à moitié vides. Le Ministre de l'Intérieur, en particulier, était absent car il rencontrait, dans le cadre de sa campagne, Tony Blair. Mais bien d'autres faisaient défaut alors que les Députés étaient là pour les interroger. Je viens de lire que le Ministre des Affaires Etrangères lui même venait de demander à son cabinet d'alléger son emploi du temps ministériel pour pouvoir se consacrer à la campagne présidentielle du président de l'UMP. Pourtant les affaires internationales sont suffisamment inquiétantes pour que le Ministre qui en a la charge assume lui aussi sa charge à plein temps.

J'avais pourtant bien entendu le Président de la République et le Premier Ministre affirmer que le Gouvernement travaillerait jusqu'au dernier jour. Il semble que les consignes ne soient pas suivies, ce qui est pour le moins surprenant car les affaires du pays ne sauraient être mises entre parenthèses. Je pense que le Président devrait rappeler à l'ordre les Ministres "buissoniers" comme il l'a dit haut et fort à Madame Alliot Marie quand elle voulait accompagner son candidat à Londres. Ceci est une règle élémentaire de bonne gestion gouvernementale qui devrait s'appliquer à tous et au Ministre de l'Intérieur candidat qui devrait lui-même tirer les conséquences d'une telle situation. Il existe un bon vieux dicton Français qui dit: "on peut être au four et au moulin". Chacun comprend qu'en la matière il faut faire des choix et arrêter les cumuls qui nuisent à l'efficacité. Et même si tout le monde le pense, cette décision appartient aux intéressés ou à ceux qui les ont nommé. On attend un signe mais on ne voit rien venir. Il serait temps que d'aucuns comprennent enfin que nul n'est propriétaire du pouvoir et qu'on ne peut en disposer à sa guise...

vendredi 2 février 2007

Jean Lassalle à Tokyo pour sauver les emplois dans la vallée d'Aspe

Chacun se souvient de la grève de la faim que s'était infligé le Député Béarnais Jean Lassalle à l'Assemblée Nationale pour sauver les emplois menacés par la société Japonaise Toyal dans la vallée d'Aspe. Ce type d'action était une première dans l'histoire de la République. Au début les observateurs traitaient cela par la dérision, pensant que cette grève de la faim était un "coup de pub". C'était mal connaitre Jean Lassalle qui n'est pas une "star du show biz" mais un homme responsable profondément attaché à sa région et qui n'accepte pas les injustices, allant jusqu'à se mettre en danger pour sauver une juste cause.

Mes collègues élus qui ne connaissaient pas Jean comme je le connais, se moquaient de lui dès le départ. Quant au Président de l'Assemblée, il envisageait de le faire partir de la salle des quatre colonnes cas cette grève de la faim faisait mauvais genre au coeur du Parlement de la République. Pendant ce temps, les pouvoirs publics ne se souciaient pas de régler le problème. D'ailleurs si Jean Lassalle fut amené à prendre une telle initiative c'est parce-que jusque là tout avait échoué. Les courriers étaient restés vains, les démarches n'avaient pas été entendues. C'est hélas comme cela que fonctionne la République d'aujourd'hui où même les parlementaires ne sont pas respectés quand ils défendent une cause aussi louable.

Jean Lassalle a poursuivi sa grève de la faim jusqu'à mettre sa santé en danger. C'est alors que le Gouvervement a bougé. Le Premier Ministre, le Ministre de l'Intérieur sont enfin entrés dans la danse et ont proposé à la société Toyal des garanties pour qu'ils maintiennent les emplois menacés. Mais passé le jour, les engagements se sont estompés et la vie a repris son cours à peu près comme si rien ne s'était passé. Jean Lassalle est resté vigilant et me confiait qu'il ne baisserait pas les bras tant que le problème ne serait pas réglé. C'est pourquoi il s'en est allé à Tokyo rencontrer les responsables de la société Toyal afin de vérifier que les engagements seraient tenus. Il en revient avec des assurances nouvelles. Gageons que cette fois la parole sera tenue. En tout cas, ce que je sais, c'est que Jean Lassalle ne lâchera pas les responsables de cette affaire. C'est l'honneur d'un homme de parole et d'engagement.

jeudi 1 février 2007

Campagne électorale : attention à la confusion des genres.

Alors que le candidat de l’UMP était en déplacement de campagne à Londres, Michèle Alliot Marie s’est faite rappeler à l’ordre par le Président de la République pour lui signifier qu’elle n’avait pas à accompagner Nicolas Sarkozy, étant elle-même Ministre de la Défense, en charge de responsabilités ministérielles où il ne saurait y avoir de vacance.

On pourrait d’ailleurs se poser la même question pour le candidat de l’UMP qui, du fait de sa campagne électorale, n’est plus Ministre de l’Intérieur qu’à temps partiel. Ceci pose question à plusieurs niveaux. Tout d’abord, peut-on exercer des responsabilités ministérielles aussi importantes et ne les assumer qu’à temps très partiel ? Par ailleurs, on a pu constater que plusieurs déplacements s’effectuaient en deux temps : le matin une visite ministérielle et l’après midi et le soir des réunions de campagne électorale. Qu’est-ce qui est du ressort du Ministre ? Qu’est-ce qui relève du candidat ? Les avions, les voitures officielles, la mobilisation de policiers et de personnels de l’Etat démontrent qu’il y a confusion des genres voire des financements que d’aucuns déplorent. D’ailleurs, les citoyens sont de plus en plus sensibles et même de plus en plus irrités par ce mélange des rôles.

Et puis il y a les entourages engagés qui eux aussi assument des responsabilités avec plusieurs casquettes. Le Ministre de la santé qui se retrouve, par exemple, porte parole du Ministre candidat ou encore le porte parole du Gouvernement qui mène campagne auprès du président de l’UMP. L a question que l’on est en droit de se poser est : « qui s’exprime, le Ministre, le militant, le responsable de la campagne ? » et quand il le fait, sur quels moyens le fait-il ? Michèle Alliot Marie a été rappelée à l’ordre par le Chef de l’Etat sur ces points, Jacques Chirac estimant, à juste titre, qu’il ne faut pas exagérer.

Pour mémoire, je veux rappeler qu’avant 2007, d’autres personnalités élues avaient fait campagne en prenant soin de ne pas mélanger leurs responsabilités et leur propagande électorale. Jacques Chirac et Lionel Jospin en 2002 avaient respecté cette séparation en montrant tous les jours une frontière entre le rôle officiel et celui de candidat. A partir d’une certaine heure, les voitures officielles étaient abandonnées et chacun prenait l’habit du candidat, beaucoup plus modeste, sillonnant les routes de France. Ce fut vrai également en 1995 pour Edouard Balladur, en 1988 pour François Mitterrand ou en 1981 pour Valéry Giscard d’Estaing.

Il serait temps que l’on revienne à des mœurs plus orthodoxes en la matière car si le législateur a pris soin de réglementer le financement des campagnes électorales, c’est pour éviter les débordements auxquels on assiste actuellement. Cela prouve que la loi doit être renforcée et que d’une façon générale il faudra ramener à des niveaux plus modestes le train de vie des Ministres et renforcer les barrières entre leurs responsabilités publiques et leur situation de candidat.