mardi 23 janvier 2007
Il aura marqué le siècle.

Décédé à l’age de 95 ans, l’abbé Pierre aura traversé le 20ème siècle et le début du 21è au service des autres. Il avait fait de la lutte contre la misère son combat. Avec la création des « compagnons d’Emmaüs » puis avec son implication sur les problèmes de logements des plus démunis, il était un repère, une balise dans le monde des malheureux. Il était aussi, c’est selon, l’inspirateur ou la bête noire des politiques. Car son franc parler et son accès aux médias en faisaient une autorité influente. Sa très grande popularité le qualifiait pour s’exprimer au nom de ceux qui ne pouvaient pas le faire.
Je garde de lui l’image d’un homme qui, malgré son grand age, avait retrouvé les tribunes du public de l’Assemblée Nationale, il y a quelques années, pour surveiller les Députés dans leurs débats sur le logement. Alors que certains voulaient supprimer l’obligation légale de réaliser 20% de logements sociaux dans les villes, il mit en garde les plus hautes autorités de l’Etat pour dire qu’il ne l’accepterait pas. Son expression était forte et son message écouté. Le seuil des 20% fut maintenu.
Depuis son appel en hiver 1954, l’abbé Pierre a réalisé une œuvre immense au service des autres. Il était cette sentinelle chargée de défendre les plus malheureux de la société. Aujourd’hui, la France est orpheline de l’abbé Pierre, les plus déshérités le pleurent en se demandant qui désormais les défendra. Je souhaite ardemment que la campagne électorale s’inspire de son message pour proposer enfin des solutions afin d’éradiquer la pauvreté et mettre un terme aux carences de logements. Ce sera le plus bel hommage qu’on pourra faire à ce grand humaniste en proposant à la société l’aboutissement de son combat, même après lui.
Ce billet, écrit à 00:06 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :