Trous d’airs et courants d’airs
Par Rudy Salles, vendredi 19 janvier 2007 à 06:23 :: Politique :: #290 :: rss
Après un enthousiasme tout à fait démesuré suscité par la candidate socialiste qui devait apporter ce plus de modernité dont la politique semblait manquer, voilà une entrée en campagne plutôt accélérée et de plus en plus éclairante. En effet, se proclamer candidate à la Présidence de la République et passer sont temps à poser pour la Une des magazines à grand tirage est un exercice dans lequel Madame Royal a plutôt réussi pendant l’année 2006, ce qui lui a permis d’éliminer ses principaux concurrents au sein du PS. Il faut noter au passage, et ça n’est pas anecdotique, que dans cette compétition il n’y a pas que Fabius et DSK qui en ont fait les frais, il y a tout bonnement François Hollande qui avait monté le scénario pour lui et qui s’est fait doubler par sa compagne.
On peut en déduire que « ça reste en famille » sauf que, depuis quelques jours il semble qu’il y ait de l’eau dans le gaz idéologique entre François et Ségolène. Il suffit qu’il avance une proposition fiscale pour qu’aussitôt la candidate s’en démarque. Mais au-delà du fond, la compétition semble faire rage entre… l’équipe présidentielle qui s’est installée au boulevard Saint Germain et le siège du PS situé à quelques centaines de mètres de là, rue de Solférino. Les équipes se mesurent, travaillent chacune de leur côté, voire se critiquent et s’accusent mutuellement de « nullitude ». Les uns sont les représentants de la candidate et se sentent investis d’une sorte de monopole de représentation et d’action. Les autres sont les représentants du parti et estiment être les seuls vrais professionnels dans cette campagne.
Dans ce cafouillage assez inédit les Français commencent sérieusement à s’interroger sur les capacités de Madame Royal à incarner la « cheftaine de l’Etat » dont ils ont rêvé quand ils voient qu’elle a autant de mal à simplement coordonner ceux qui sont censés faire campagne pour elle. La conséquence immédiate de cette perte de confiance est la baisse régulière de Madame Royal dans tous les sondages. Les journaux parlent de « trou d’air » dans la campagne socialiste. Turbulences, orages, ciel chargé, l’alerte météo politique est lancée. En attendant, il y a un fâcheux courant d’air qui fait claquer les portes du PS. Il se pourrait même que l’une d’entre elles ne se referme sur la confiance des électeurs.
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