lundi 8 janvier 2007
Le faux pas du Vatican

Nommer un ancien collaborateur de la police secrète du parti communiste à la tête de l'Eglise Polonaise était pour le moins étrange. En effet, dans un pays où l'Eglise, à la tête de laquelle le Pape Jean Paul, à joué un rôle important pour anéantir la dictature rouge, il apparait comme tout à fait incongru de nommer un Archevêque qui ait pu être un agent de la police secrète du régime. Pire, l'éclésiastique a toujours nié cette partie de ses activités jusqu'à ces jours-ci où sa nommination a amené à dévoiler des archives qui ne souffrent d'aucune contestation et qui l'accusent de "collaboration" avec la police secrète du régime communiste. Dans le cas du mensonge, ceci est grave vis à vis de n'importe quel responsable politique mais c'est encore plus grave de la part d'un représentant de l'Eglise qui passe son temps à prêcher les principes de l'évangile. Cette nomination a suscité des réactions considérables en Pologne car on touche là à un point extrêmement sensible de l'histoire de ce peuple qui a tant souffert de la dictature. Mais aussi, rappelons nous que le Père Popieluvsko, avait été torturé et tué dans les années 80 par la police secrète du régime. L'Eglise Polonaise, ses fidèles en tout cas, n'ont pas oublié cette sombre période de l'histoire de ce pays. C'est pourquoi le Pape a commis une erreur en nommant cet Archevêque. Cette initiative partait sans doute d'une part, d'une volonté de tourner la page d'un passé douloureux et d'autre part, de vouloir faire un geste de réconciliation. Mais c'était néanmoins une faute car une telle désignation méritait de la transparence, ce qui fut le contraire dans ce cas précis. L'Archevêque a enfin compris qu'il vallait mieux réfuser cette désignation. Le Vatican a accepté ce refus et devra envisager de désigner un autre Archevêque à Varsovie. Mais il semble que rien ne presse désormais...
Ce billet, écrit à 06:23 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :