Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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Politique étrangère: au piège de ses propres contradictions

Le Président de l'UMP et ci-devant candidat à l'élection Présidentielle, vient de se prendre les pieds dans le tapis de la politique internationale. En effet, à l'automne, il était allé à Washington et avait rendu une visite très controversée à Georges Bush. Non que la rencontre avec le Président Américain soit incongrue, il est le représentant d'une grande Nation amie de la France et dans ce cadre aucun reproche ne peut lui être adressé. Seulement cette visite avait pris un tour très politique, je dirais même de politique politicienne. En effet, la France et les Etats Unis ont du affronter un débat et même un désaccord profond sur la guerre en Irak. Alors que les USA se lançaient dans cette guerre insensée, la France, par la voix de Jacques Chirac s'y refusait, faisant valoir des arguments plus que d'actualité aujourd'hui. C'est pour se démarquer du Président Français, que le Président de l'UMP était allé présenter des excuses à Georges Bush concernant la position de la France. Cette forme d'allégeance avait été fort mal reçue dans notre pays où l'opinion publique condamne le conflit Irakien depuis le premier jour. Le Président de l'UMP était d'ailleurs contredit quelques jours plus tard par sa collègue au Gouvernement Michèle Alliot-Marie qui était allée à Washington soutenir la position Française et s'inscrivait en faux à l'égard des propos du Ministre de l'Intérieur. Bel exercice de cohérence et de solidarité gouvernementale...Quelques mois ont passé et la logique de la présence Américaine en Irak s'est poursuivie par l'exécution de Saddam Hussein. Je m'empresse de dire que je condamne avec la plus grande fermeté cet odieux dictateur aux mains rouges de sang. Mais je ne pense pas que la meilleure solution était de l'exécuter et d'en faire un martyr car désormais les Irakiens vont s'affronter encore plus durement. Je suis triste que le Président Américain s'exprime pour dire que l'Irak vient de faire un pas supplémentaire vers la démocratie. Ceci en dit long sur l'état de la diplomatie de la première puissance mondiale. Et ceci est tellement flagrant que le Président de l'UMP qui était allé féliciter Georges Bush il y a quelques mois s'est fendu d'une tribune dans le "Monde" pour dire qu'il était contre l'exécution de Saddam. Revirement de tendance face à une politique étrangère Américaine aussi calamiteuse, le Ministre de l'Intérieur a décidé de changer de position. Mais c'est un peu tard car s'il avait été aux commandes de notre pays au moment où Bush décidait d'envoyer les GI à Bagdad où 3.000 d'entre eux ont déjà perdu la vie, la France se serait probablement engagée à ses côtés et nous aussi nous compterions nos morts au milieu d'un carnage sans fin. Alors je conseillerais au Ministre-Candidat d'avoir une vision de plus long terme car la politique internationale qui engage l'avenir, la sécurité, les intérêts majeurs de notre pays et la vie de nos enfants est quelque chose de sérieux qui s'accommode mal de la politique politicienne.

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