mercredi 27 décembre 2006
On demande une Justice juste et équilibrée
Nathalie Gettliffe en "permission" de Noël pour trois jours dans sa famille, au milieu des siens avec son enfant né dans une prison Canadienne il y a quelques mois. Dans le même temps, Bertrand Cantat bénéficie lui aussi d'une permission, de huit jours. Je fais le parallèle entre les deux permissions car je suis convaincu que vous êtes nombreux à le faire. Même si je ne veux pas entrer dans le détail des procédures ni commenter les décisions des juges, je conçois qu'un certain nombre de Français s'interrogent, voire soient choqués par le parallélisme des formes dans deux affaires qui n'ont évidemment rien à voir. Dans le cas de Nathalie Gettliffe, je vous rappelle que cette jeune femme a été condamnée pour avoir soustrait ses enfants à son ancien époux qui est membre d'une secte duement recensée en France mais non au Canada. Il s'agissait là d'une mère qui voulait garder ses enfants, ce qui somme toute est un comportement qui me parait difficilement condamnable quand on pense que certaines mères les abandonnent. Et qui plus est, il y avait un instinct de protection vis à vis des risques sectaires qui menaçaient ses enfant. Verdict 16 mois de prison fermes! Dans le cas de Bertrand Cantat, il y a eu le meurtre de Marie Trintignan. Il fut condamné à huit ans de prison. Détenu dans les geoles de Vilnius, il fut extradé en France où il purge sa peine. Mais son régime de détention commence à être assoupli puisqu'il bénéficie d'une "permission". Marie Trintignan, en revanche, n'aura plus jamais de Noël. Cantat, avec les remises de peines, peut espérer sortir assez rapidement, au bout de quatre ans de détention, c'est à dire la moitié de la peine prononcée. Pour résumer une mère qui n'a manifesté que de l'amour pour ses enfants est condamnée à 16 mois fermes alors qu'un assassin en prend pour huit ans, et encore ne faut-il compter que sur quatre véritables années de détention. L'une a droit à trois jours de "permission" pour Noël et le jour de l'an, alors que l'autre bénéficie de huit jours consécutifs de sortie en famille. Je comprends qu'avec un tel parallèle, on ait du mal à comprendre la logique de la Justice dont on est en droit d'attendre qu'elle soit juste et équilibrée.
Ce billet, écrit à 06:53 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :