dimanche 24 décembre 2006
La grande pauvreté en pleine lumière
Cette période de fin d’année est celle de tous les contrastes, celle où se côtoient l’opulence et la pauvreté. Et celle-ci se vérifie hélas à tous les coins de rues. Devant les boutiques de cadeaux, devant les alimentations de luxe, il vous faut attendre de longues minutes avant de pouvoir être servi et d’acquérir des produits vendus à des prix souvent prohibitifs. En regardant ces files d’attente, je me pose toujours la question : « mais comment font les gens ! ». Quand on connaît le montant des salaires, toutes les retenues, les impôts et taxes, les dépenses obligatoires pour loger nourrir et habiller sa famille, le budget transport, sans oublier les cadeaux de noël, on se demande encore qui peut bien disposer encore d’un petit reliquat pour pouvoir « faire des folies ». Mais en passant votre chemin, vous croisez immédiatement la grande pauvreté. En ces temps d’hiver où le froid s’est installé, vous voyez de pauvres gens qui essaient de se protéger du froid comme ils le peuvent, dans des vêtements usés et sales, ayant tout juste la force de tendre la main pour vous demander de l’aide. Et malheureusement, devant la généralisation du malheur, la foule passe indifférente, sans même parfois jeter le moindre regard. Certains de ces malheureux vous disent simplement « bonjour » comme pour vous indiquer qu’il leur reste l’éducation qu’ils ont reçu de leurs parents dans des temps qui devaient être meilleurs pour eux. Et le soir venu, ces scènes ont encore plus poignantes. Hormis le partage de quelques soupes et de morceaux de pain apportés par des associations, ils recherchent, en vain, un endroit pour pouvoir dormir. Pendant que nous cherchons notre sommeil dans des draps fins et des couettes douillettes, il en est, dans la même ville, qui sont transis de froid sur des bancs ou sous des cartons, en espérant qu’en outre on ne viendra pas les agresser. Cette situation est d’autant plus insupportable qu’elle prend des proportions intolérables dans une société comme la nôtre. Les pouvoirs politiques, de gauche comme de droite, on échoué dans ce domaine. Qu’aucun Gouvernement ne soit parvenu à donner un toit, même modeste, à ces malheureux, est un constat d’échec qui nous fait honte collectivement. Et cette honte se concrétise par ces centaines de tentes érigées un peu partout, surtout à Paris, pour abriter des femmes, des hommes et des enfants à la rue. Entre les boutiques de cadeaux, les traiteurs de luxe et cette grande pauvreté sous nos yeux, dans nos villes, il doit y avoir un juste milieu à trouver pour ramener un peu de dignité à notre société. Nous pouvons toujours montrer du doigt le Brésil avec ses favelas ou les Philippines avec ses bidonvilles. Mais ce qui se développe chez nous aujourd’hui est pire car le niveau de développement de nos sociétés n’est pas le même. Et puis à quoi rime encore la devise Républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » face à un tel phénomène. Il faut souhaiter que ce sujet ne soit pas passé sous silence sous prétexte que les SDF ne voteraient pas, car ce scandale mérite non seulement d’être dénoncé mais il demande surtout à ce qu’on propose des mesures pour y mettre un terme. Parmi les bonnes résolutions électorales auxquelles nous allons avoir droit, je souhaite sincèrement que celles concernant la lutte contre la grande pauvreté figurent enfin au rang des priorités.
Ce billet, écrit à 06:54 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :