samedi 23 décembre 2006
Les ralliements de l'hiver ne font pas le printemps
A la suite du troisième forum de l'UMP qui s'est tenu à Bordeaux, le Monsieur Loyal de la cérémonie, l'ex Premier Ministre Jean Pierre Raffarin a pris en main la mise en scène. Certes il animait le débat mais son rôle ne s'arrêtait pas là. Il avait prévu surtout d'emmener avec lui 140 signatures de soutiens à Sarkozy, des parlementaires, des ministres, des anciens ministres, bref des notables de l'UMP. Tout bénéf pour Raffarin: il se fait bien voir de Sarkozy qui se délecte de voir autant de monde rejoindre ses rangs. Et puis, ce cher Jean Pierre se dit qu'une fois l'investiture de l'UMP en poche, le candidat à l'élection présidentielle devra se consacrer à cette tâche. Ceci implique qu'il quitte le Ministère de l'Intérieur mais aussi la Présidence de l'UMP. Et Jean Pierre Raffarin se verrait bien aux manettes du parti. Alors cette opération "ralliements" était presque plus importante pour lui que pour le candidat lui-même. Car je voudrais dire que les "ralliements" de l'hiver ne font pas le printemps. Bien sûr vous pouvez penser que je suis de parti pris et qu'en tant qu'UDF je veux bien prendre mes désirs pour des réalités. Mais je voudrais vous rappeler une expérience politique dont tout le monde se souvient encore. En décembre 1994, Edouard Balladur pour lequel je faisais campagne, était crédité de 38% dans les sondages, c'est à dire bien plus que Sarko et Ségo n'en totalisent chacun de leur côté. Les ralliements pour le Premier Ministre candidat arrivaient par charters entiers. Pendant ce temps les rangs des supporters de Jacques Chirac qui lui était à 10% d'intentions de votes se clairsemaient. C'est curieux mais la période et l'ambiance qui prévalaient à l'époque dans le camp de Balladur me font penser à ce qui se passe aujourd'hui autour de Sarkozy. Il faut prendre garde à cette euphorie trompeuse qui vous laisse croire que vous êtes en situation alors que le peuple n'a pas encore pris position. Car ce que les Françaises et les Français attendent ça n'est pas le ralliement des notables qui le font en pensant qu'en cas de victoire ils seront récompensés, ce qu'ils attendent c'est de voir ce que les candidats vont être à même de dire et de faire pour pouvoir les convaincre. Les "ralliés" ne sont donc que des figurants dans un jeu où les seuls acteurs seront les candidats et eux seuls.
Ce billet, écrit à 06:39 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :