jeudi 21 décembre 2006
Sectes : notre détermination de protéger les mineurs est totale.
Cela fait la troisième fois que je participe à une commission d’enquête sur les sectes. La première fois, c’était en 1995 où le Parlement décidait de s’emparer de ce problème. C’était pour ne plus le lâcher. Nous avions alors recensé près de 200 sectes dans le pays rassemblant environ 300.000 adeptes. Nous avions alors formulé de nombreuses recommandations pour mieux lutter contre le phénomène sectaire. Certaines ont été reprises comme le renforcement du délit d’abus de faiblesse ou encore la possibilité donnée aux associations reconnues d’utilité publique de lutte contre les sectes de se porter partie civile en lieu et place des victimes, qui n’ont pas la force psychologique de le faire. Par ailleurs, nous avions étudié en 2000, dans le cadre d’une seconde commission d’enquête, les circuits financiers des sectes afin de tarir certaines sources financières. Nous avions constaté par exemple que les mannes de la formation professionnelle étaient souvent détournées de leur but initial pour être amenées à financer certaines sectes. Enfin, la troisième commission d’enquête dont j’étais vice président vient de se consacrer pendant les six mois qui se sont écoulés aux victimes mineures des sectes et aux moyens dont on doit se doter pour pouvoir les protéger. Pendant nos travaux, nous avons procédé à des auditions très émouvantes de personnes qui ont subi l’emprise des sectes pendant leur jeunesse et dont, par chance, elles ont pu sortir à un moment de leur vie. L’entrée dans une secte est un drame dans la vie d’un homme ou d’une femme. Généralement, les victimes y sont entraînées à un moment de leur vie où elles sont affaiblies sur le plan psychologique. Mais pour ce qui concerne les enfants c’est encore plus grave. En effet, la plupart du temps, les mineurs sont amenés dans une secte par leurs parents. Il leur est donc impossible de dire non. Face à cette double autorité (celle de la secte et celle de leurs parents), nous avons recherché à déterminer des moyens qui nous permettent de protéger les enfants, parfois même contre l’autorité de leurs parents. C’est un exercice difficile car il ne faut en rien porter atteinte à la liberté individuelle mais il faut encore plus sauver les enfants qui peuvent devenir esclaves des mouvements sectaires. Or nous avons recensé qu’il existe environ 50.000 enfants victimes de sectes dans notre pays. C’est un chiffre considérable qui ne peut être négligé. C’est pourquoi nous demandons une mobilisation générale des services publics, du Ministère de l’Education Nationale, du Ministère de l’Intérieur, du Ministère de la Santé par exemple, afin que les enfants sur lesquels pèse une présomption d‘emprise sectaire, soient suivis. Je ne vais pas résumer ici les 50 mesures que nous préconisons car vous pourrez aisément les consulter en ligne sur le site de l’Asssemblée Nationale (www.assemblée-nationale.fr) mais je voudrais simplement vous dire la fierté qui est la mienne de participer à ce combat que mène le Parlement Français depuis plus de dix ans contre les sectes en France. Pour moi, la défense de nos principes Républicains passe aussi par une lutte sans merci contre tous ceux qui entendent enfermer certains de nos concitoyens dans une structure qui a pour finalité de les asservir et de les exclure de la société. Or ce phénomène a pris une ampleur considérable vis-à-vis duquel nous, Parlementaires, avons décidé de répondre avec ténacité et détermination.
Ce billet, écrit à 06:53 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :