mardi 5 décembre 2006
Une horde sauvage

La match de football PSG Tel Aviv aurait du être une fête comme devraient l’être d’ailleurs toutes les rencontres sportives. En effet, le sport a pour devise l’affrontement non violent d’équipes qui partagent l’amour du jeu et le respect des règles qui l’encadrent. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé sur le terrain au Parc des Princes. Mais cette dignité des joueurs devrait inspirer les supporters. Je dois dire que dans leur très grande majorité, les amateurs de sports qui viennent soutenir leur équipe, le font dans une ambiance festive et restent « beaux joueurs » même quand la partie est perdue pour leur camp. C’est ce que l’on appelle le « fair play » qui devrait prévaloir à chaque match. Hélas, depuis quelques temps, des bandes de voyous, des hordes sauvages, s’infiltrent dans les tribunes des supporters, profèrent des propos haineux et manifestent de la violence. Ces individus ne sont pas des supporters, ils n’aiment ni le sport ni l’équipe qu’ils disent soutenir puisqu’ils desservent et le sport et l’équipe. Au-delà du match, ils poursuivent leur volonté d’en découdre à l’extérieur des stades avec des comportements agressifs à faire trembler les plus courageux. Et justement, ce n’est pas le courage qui les anime, c’est le fait de se retrouver en bandes, en meutes, qui les incite à répandre le mal autour d’eux. Rappelons-nous le gendarme Nivel qui lors de la Coupe du Monde de Football en 1998 avait été roué de coups et laissé pour mort à Lens. Il a survécu à ses blessures mais vit désormais avec de graves séquelles de cette agression. La semaine dernière, le policier qui a abattu l’un des voyous qui voulait s’en prendre à un Français de confession Juive, supporter de Tel Aviv, s’est retrouvé en situation de légitime défense face à un phénomène de terreur absolue qui allait se terminer, en passage à tabac contre de pauvres innocents. Le policier lui-même, qui représentait l’ordre et l’état de droit, était visé par lesdits agresseurs. Il y eut un mort, un mort de trop, un mort parmi les fauteurs de troubles. Cette situation nous renvoit à la crise de société dans laquelle nous vivons. Les réunions qui ont suivi pour « prendre des mesures » ont été certainement utiles mais semblent bien dérisoires eu égard à la gravité de la situation. Comment empêcher ces manifestations antisémites, comment éviter la haine de l’ordre et de la société, comment calmer un jeu devenu du terrorisme au quotidien ? Quelques mesures de police n’y suffiront pas même si elles sont indispensables. Il faut soigner le mal à la racine, redonner les bases qui manquent à des jeunes sans repères et dont la violence angoisse une majorité de nos concitoyens. C’est tout un travail de « reconstruction » de la Société Française qui s’impose et que les Gouvernements depuis 25 ans ont oublié de faire. Ces événements récents rappellent à l’ordre les politiques pour leur demander de ne pas jouer avec ce feu là car il couve mais il pourrait bien incendier tout le pays et alors il serait trop tard pour agir. Puisse la campagne électorale donner l’occasion à ceux qui en ont conscience de le dire, et à ceux qui iront voter d’écouter attentivement ceux qui proposeront des solutions durables sans tomber dans la démagogie électorale. Cette question est importante. Elle est même essentielle pour l’avenir de la France.
Ce billet, écrit à 06:30 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :