Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mardi 28 novembre 2006

Des sondages et des urnes

A cinq mois de l'élection présidentielle, les médias ne cessent de nous asséner des sondages et de nous les présenter comme des vérités. Or chacun sait bien que ces études sont, au mieux, un instantané de l'opinion. Et encore! Je ne reviendrai pas sur les précédentes élections présidentielles sur lesquelles tous les instituts de sondages se sont trompés jusqu'au dernier jour. En 1965, personne n'avait prévu que De Gaulle serait mis en ballotage. En 1969 personne n'avait envisagé que la gauche puisse être exclue du second tour qui vit s'affronter la droite et le centre autrement dit Pompidou à Poher. En 1974, Giscard fut la sruprise tandis que les sondages annonçaient Chaban. En 1981 Giscard dominait tous les candidats dans les sondages et de très loin et ceux-ci voulaient l'opposer à Rocard: c'est Mitterrand qui fut élu. En 1988 Barre était en bonne position; il ne fut pas présent au second tour. En 1995, Baladur était, à cinq mois des élections, à plus de 35% dans les sondages alors que Chirac était à 10%. Enfin en 2002, personne n'avait prévu l'élimination de Jospin dès le premier tour au profit de Le Pen. Et bien aujourd'hui, la comédie continue. On nous propose Sarko-Ségo et on écarte toute autre hypothèse. Or, il y a eu, la semaine dernière, une élection passée quasiment inaperçue dans la presse mais qui me semble révélatrice de la distance existant entre le monde virtuel des sondages et le monde réel. En effet, le Ministre de l'Intérieur est monté au pinacle par les instituts qui sont sensés nous sonder. Rien ne pourrait ébranler pareille popularité. Or, les policiers viennent de voter pour leurs élections professionnelles et le résultat de ces élections démontre que dans son propre Ministère, Nicolas Sarkozy est minoritaire. En effet, ce sont les syndicats hostiles au Ministre de l'Intérieur qui ont remporté la majorité. Cette fois c'est plus qu'un instantané de l'opinion, c'est un résultat, c'est un vote à bulletin secret. Et qui plus est, au sein d'un corps plutôt réputé pour être favorable au Ministre de l'Intérieur. Ce résultat devrait être médité par les instituts de sondages ainsi que par les média qui s'en font les relais. Il devrait même susciter de leur part une remise en cause...Mais c'est peut-être un peu trop demander. Alors il faudra encore une fois que le peuple vienne faire mentir au printemps prochain ces sondages qui n'ont qu'une finalité, faire "vendre du papier". Et même si ces procédés s'apparentent à de la manipulation d'opinion...