mercredi 22 novembre 2006
Rien ne sert de courrir, il faut partir à temps...
Passé le "jour de gloire" de l'élection interne au sein du PS de Ségolène Royal, il faut revenir aux réalités plus terre à terre. Cette désignation de la candidate a-t-elle pour autant ramené dans son giron l'ensemble des socialistes? Cela est beaucoup moins évident que certains commentateurs n'ont voulu le dire. Au delà des déclarations "officielles" de Laurant Fabius et de DSK, il y a les "non dits" et les vraies attitudes des uns et des autres. Car ce qui a séparé Madame Royal de ses deux concurrents ce ne sont pas de simples inimitiés personnelles, même si elles sont grandes..., ce sont de vraies oppositions qui tiennent au fait que les deux recalés du suffrage socialiste considèrent que "la candidate" n'a ni programme ni conviction identifiables. Ceci a été dit et répété pendant toute la campagne interne du PS. Ceci continue d'être vrai et se trouve aujourd'hui combattu sous d'autres formes. Officiellement, elle est la candidate du PS. En réalité elle est toujours dans la ligne de mire de ses opposants internes qui espèrent bien que le scrutin du printemps ne lui sourira point. Les uns et les autres sont prêts à "zapper" le scrutin de 2007 pour se projeter en 2012. Cette attitude est également vraie, selon mes informations, du côté d'Alain Juppé qui espère que Sarkozy échouera en 2007, ce qui lui libèrerait la route cinq ans plus tard. Il est inutile de rappeler l'ambiance détestable qui prévaut à l'UMP et dont tous les observateurs parlent: les ministres critiquent désormais ouvertement le Ministre de l'Intérieur, les rencontres de conciliation entre De Villepin et Sarkozy annulées pour cause "d'agenda", etc...En revanche, au delà des jeux d'appareils ou des stratégies personnelles que je viens d'évoquer, j'entends de plus en plus d'électeurs venant de l'UMP ou du PS s'intéresser au "cas Bayrou". Les uns et les autres commencent à le trouver sympathique, intéressant, équilibré, juste, proposant de bonnes idées, bref ayant la stature d'un Chef d'Etat. Et comme un Président doit rassembler les Français et non les monter les uns contre les autres, son idée de Gouvernement de Rassemblement National séduit de plus en plus. A cinq mois de l'échéance électorale majeure, François Bayrou chemine tranquillement mais sûrement. Cela me fait penser à la fable: "le lièvre et la tortue" qui se concluait par une maxime devenue célèbre, "rien ne sert de courrir, il faut partir à temps". J'ai bien l'impression, partagée par nombre d'entre vous, que Sarko et Ségo font un sprint tandis que Bayrou chemine à son rythme et surtout à celui des Français. Il se pourrait bien qu'à l'arrivée, les deux premiers soient épuisés alors que le troisième soit sur la ligne d'arrivée avant eux et confime la sagesse de La Fontaine!
Ce billet, écrit à 06:25 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :