dimanche 29 octobre 2006
Un programme au fil de l'eau

La campagne interne au PS tendant à désigner un candidat pour les prochaines élections présidentielles est révélatrice de l'opportunisme auquel contraint un tel exercice. Je donnerai deux exemples pour illustrer mon propos. Laurent Fabius, tout d'abord, qui a décidé de porter le costume du candidat le plus à gauche des trois. Pourquoi pas? Sauf que certains se souviennent l'époque où il fut Premier Ministre et où il refusait d'avoir dans son Gouvernement des Ministres Communistes. Certains se souviennent aussi qu'il fut un Européen convaincu alors qu'il veut apparaitre aujourd'hui comme un Eurosceptique voir plus. Dans sa logique d'homme de gauche, il propose la généralisation des 35 heures et le SMIC à 1.600 euros tout de suite! On sent que la démagogie l'emporte sur la conviction ou alors il y a des retournements de tendances qui ressemblent à de la contorsion. Du côté de Madame Royal, ça n'est pas mieux. La candidate promène "sa suffisance" dans les réunions qu'elle daigne honorer de sa présence. Et alors, avec de grands airs, elle assène quelques réponses vides de sens et d'une démagogie affligeante. Jugez plutôt: Sur l'entrée de la Turquie, elle indique qu'elle est d'accord avec les Français. En fait, elle a toujours été favorable à l'intégration de la Turquie dans l'Union Européenne mais comme les Français sont contre, alors elle peut changer d'avis. Ce qui aurait été intéressant c'était pourquoi elle était pour hier, et pourquoi elle serait contre aujourd'hui. Mais n'insistez pas car vous pourriez la mettre en colère et elle trouverait très vite vos remarques sexistes! Autre proposition, elle souhaite soumettre les élus au contrôle de jurys populaires. Ainsi, le suffrage universel ne serait-il plus l'unique sanction de l'élu. Vous imaginez la floraison des jurys populaires, sortes de machines à dénoncer en permanence l'action des élus qui interviendraient à tout moment! Si on veut permettre aux extrêmes de voir leur popularité augmenter, alors il faut se diriger vers un tel système. On a l'impression que lesdits candidats sont poussés en permanence par un opportunisme qui tient lieu de programme. Je ne sais pas qui l'emportera à l'issue de cette compétition interne mais je puis dire, sans risque de me tromper, que cette affaire aura servi la démagogie, pas la démocratie.
Ce billet, écrit à 02:49 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :