Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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Il faut sauver le festival du Jazz de Nice

A la lecture du compte rendu du Conseil Municipal de Nice dans Nice Matin, je m’interroge sur les capacités de certains élus à traiter sérieusement de certains sujets. A l’évocation du « Nice jazz Festival », les interventions fusent de toutes parts pour « flinguer » cette manifestation : trop long, trop cher, pas assez de Jazz traditionnel, baisse de fréquentation, etc. On peut et on doit effectivement discuter de tous les sujets et surtout réfléchir sérieusement pour améliorer les manifestations organisées par la ville. Mais il faut éviter de dire n’importe quoi au risque de discréditer et donc de faire disparaître l’une des dernières manifestations populaires restant à Nice. Je rappelle pour mémoire que depuis l’élection de l’actuel Maire de Nice, c'est-à-dire depuis 11 ans, le nombre de manifestations supprimées, qui pourtant assuraient une réelle renommée à notre ville et offraient de vrais divertissements, est très important. La rencontre d’Athlétisme « Nikaïa » a disparu pour laisser la place à une manifestation du même type à Monaco « Herculis », le Festival International du Folklore qui était le plus ancien festival d’Europe et qui animait la ville dans la seconde moitié du mois de juillet a été supprimé, les batailles de fleurs qui se déroulaient sur la promenade des Anglais durant les deux mois d’été ont été sacrifiées, le Carnaval est quant à lui réduit à sa plus simple expression et a été prié d’éteindre ses illuminations de la Place Masséna dont il a été chassé. Je pourrais continuer cette liste qui apporte la démonstration que l’animation de Nice, ville touristique, ne semble pas être une priorité pour le Conseil Municipal.

Cette fois c’est le Festival du Jazz qui est sur la sellette. Cette manifestation est l’une des plus anciennes dans ce registre mais aussi l'une des plus renommées. Elle a changé plusieurs fois de nom et de formule mais elle a toujours essayé de garder un aspect populaire où les Niçois et les touristes aiment à se retrouver. Il y a les nostalgiques du Conseil Municipal qui regrettent le bon vieux temps où les grands noms du Jazz, venant de la Nouvelle Orléans, se succédaient sur les scènes de Cimiez. Il se trouve que nul n’est éternel et que ces vedettes ont aujourd’hui disparu. Ce type de musique tient d’ailleurs désormais « Festival » au Théâtre de Verdure à la fin de l’été sans toutefois attirer les foules. Entendre le représentant du Front National défendre l’ancien festival est bien normal car il a, tout comme son parti, du mal à se projeter dans l’innovation. Mais on ne peut pas vivre de nostalgie en regardant seulement dans le rétroviseur de ses souvenirs. La Gauche quant à elle émet des critiques sévères qui, si on les suivait, tendraient à la disparition dudit festival. Parmi les orateurs du PC et du PS on a l’impression que l’animation de la ville ne compte pas et qu’il faut uniquement attaquer cette manifestation pour donner l’impression d’exister. Triste débat entre des gens qui n’y connaissent pas grand-chose mais qui ont une parcelle de pouvoir et qui entendent s’en servir, y compris à mauvais escient. Il faudrait un peu plus d’humilité de leur part mais aussi, si ce n’est pas trop demander, de l’imagination.

Certes le Festival du Jazz de Nice, comme les autres festivals, est devenu la rencontre de styles musicaux très différents. Mais le Jazz n’est pas seulement une musique, c’est aussi un état d’esprit, un souffle de liberté. Et cette liberté, on la retrouve non seulement dans les programmations mais aussi dans la conception même de ce Festival. En effet, la promenade musicale au Festival du Jazz à Cimiez est toujours un moment de découverte. Chacun choisit librement son style de musique, son lieu scénique (les Arènes ou le Jardin), sans oublier les nombreuses haltes buvettes, sandwich, socca ou pan bagnat que l’on trouve en abondance. On peut être adepte d’un spectacle assis ou couché dans l’herbe, c’est aussi cela l’esprit de ce festival, petit « woodstock » du Jazz en ville ! Alors arrêtons cette charge inutile et cherchons plutôt à renforcer cette manifestation et non à la détruire. Cette évolution est une règle qui s’impose à tous les Festivals de Jazz en France, ça n’est pas une raison pour les supprimer. Et si à Nice on prenait cette responsabilité, et bien j’ai cru comprendre que du côté de la Pinède de Juan les Pins on se frotterait les mains en disant, qu’une fois encore, la Mairie de Nice n’a rien compris.

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Commentaires

1. Le mercredi 18 octobre 2006 à 06:02, par EROL :: site

la Mairie de Nice n’a rien compris... Comme d'habitude EROL

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