Automne 2006 : il n’y a pas que les feuilles qui tombent, il y a aussi les cadeaux électoraux
Par Rudy Salles, samedi 30 septembre 2006 à 00:42 :: Politique :: #177 :: rss
L’année 2006 aura été marquée par une rentrée plus abondante des recettes fiscales. En effet, un vent de reprise soufflant sur le plan international, la France en bénéficie, nous ne nous en plaindrons pas. D’ailleurs les effets induits de cette reprise ont aussi un impact sur l’emploi. Outre la pyramide des âges qui permet une baisse du chômage, une activité économique plus soutenue permet des créations d’emplois plus importantes, ce dont nous nous félicitons. En revanche, nous nous interrogeons sur l’utilisation de la « cagnotte » ainsi engrangée. Le Premier Ministre a dit deux choses qui me paraissent importantes et justes. Il a tout d’abord affirmé qu’il n’y avait pas de « cagnotte » quand on avait des dettes. Il a ensuite indiqué que les recettes supplémentaires seraient utilisées pour résorber la dette. Je suis d’accord avec ces deux affirmations. Cependant je m’interroge sur l’application de ces principes dès lors qu’on annonce la baisse de l’impôt sur le revenu de 8% dès le mois de janvier 2007. En tant que contribuable, je ne ferai pas la fine bouche. Encore que je ne m’étais pas réellement rendu compte, sur ma feuille d’impôts, des baisses précédentes. Personne, dans mon entourage ou parmi les visiteurs que je reçois, n’est venu me féliciter de voir ses contributions baisser, au contraire. En tant que citoyen, je m’interroge sur le bien fondé de ces baisses annoncées. En effet, baisser les impôts pour laisser à nos enfants des dettes aussi lourdes ne me parait pas être un signe de bonne gestion. Enfin, en tant qu’élu, je me suis engagé au début de ce mandat, à ne pas participer à l’aggravation des déficits de mon pays. Je m’y suis toujours opposé sous des gouvernements de gauche, je ne vais pas commencer à l’accepter sous des gouvernements de droite. Le respect de la parole donnée est un principe en politique auquel j’attache de l’importance. A l’heure où les promesses électorales vont pleuvoir, cette position peut sembler désuète mais pour moi elle a une valeur à laquelle je n’entends pas déroger. C’est pourquoi, au nom de la parole donnée et du souhait de voir notre pays géré « en bon père de famille », il y a de fortes chances pour que je ne vote pas ce budget en trompe l’œil. Les cadeaux électoraux sont les bienvenus s’ils ne mettent pas en péril l’intérêt général du pays. Je considère que celui-ci est en jeu, c’est pourquoi je ne saurais céder aux sirènes de la démagogie.
Commentaires
1. Le dimanche 1 octobre 2006 à 09:47, par EROL
2. Le dimanche 1 octobre 2006 à 21:03, par CedricA :: site
Ajouter un commentaire