Arménie: 15 ans d'indépendance
Par Rudy Salles, dimanche 24 septembre 2006 à 07:33 :: Politique :: #171 :: rss

Cette semaine, la république d'Arménie fête les 15 ans de son indépendance. Avant cette période, je me souviens des combats menés par la Communauté Arménienne de France et de Nice en particulier pour aider l'Arménie à se libérer du joug soviétique. Et puis ce fut le terrible tremblement de terre qui endeuilla ce pays. Et à chaque fois la solidarité de la diaspora joua pour aider ce pays à s'en sortir. J'ai eu la chance, lors de cette législature, de me rendre deux fois en Arménie. La première fut en août 2002, un mois après être devenu Vice Président de l'Assemblée Nationale. La seconde fut le 24 avril de l'an dernier, pour commémorer le 90ème anniversaire du génocide, en compagnie de François Bayrou et de François Rochebloine, Président du groupe d'amitié France Arménie de l'Assemblée Nationale dont je suis membre. L'Arménie est un petit pays qui compte une population de 2 millions d'habitants (le génocide en a éliminé 1,5 million). Cet Etat sans matières premières, a pour principale richesse celle de son peuple. Les Arméniens sont des gens courageux qui savent résister aux attaques, aux pressions, dont ils sont victimes. Ils ont su résister ainsi à la domination soviétique qui aurait du broyer leur culture. Ils ont su résister aux attaques génocidaires perpétrées par les Turcs. Ils font face encore aujourd'hui au blocus imposé par ce pays qui tend à asphyxier l'économie Arménienne. Grâce à son travail et à son imagination, grâce également à l'aide de la diaspora, l'Arménie commence à relever la tête, à se développer, à faire progresser son niveau de vie, à maintenir ses enfants au pays pour éviter ainsi une fuite des cerveaux vers d'autres cieux. Je suis heureux et fier de l'oeuvre entreprise par la France pour permettre aux jeunes Arméniens de profiter d'un enseignement universitaire de haut niveau. En effet, la France a créé une université Française à Erevan, pour enseigner notamment les règles du management public et privé. J'ai pu rencontrer ces étudiants qui parlaient un Français impéccable et qui suivaient un cursus comparable à celui de nos étudiants. Je posais alors la question suivante: "Une fois le diplome en poche, ces étudiants restent-ils en Arménie?". La réponse fut la suivante: "ceux qui émigrent sont généralement les mauvais élèves". Je trouvais cette réponse très intéressante car elle démontre l'attachement de la jeunesse Arménienne à son pays et aussi sa volonté s'investir pour le faire progresser. Dans le même temps, cette université accroit les relations Franco-Arméniennes car ces jeunes étudiants qui seront l'élite Arménienne de demain, garderont de la France, de sa culture, de son enseignement, l'image d'une France généreuse qui sait être là pour aider les peuples qui ont soif de liberté, de justice, de démocratie. Alors à mon tour je souhaite un bon anniversaire à la République d'Arménie, un pays de taille modeste, mais un pays grand par son peuple, par son histoire et par le rôle de sentinelle qu'il joue dans un Caucase bien tourmenté.
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