dimanche 17 septembre 2006
PS, UMP: la mode de la rentrée est au gilet pare balles
Je ne sais pas s'il faut en rire ou s'en inquiéter mais si je devais dire qu'elle va être la mode de la saison automne-hiver au PS ou à l'UMP, je dirais spontanément le gilet pare balles. C'est une image, bien entendu, et les balles ne sont que virtuelles, elles ne tueront physiquement personne. Mais politiquement, c'est une autre affaire. Voyons plutôt concrètement de quoi il s'agit. Au PS d'abord, dans la préparation de l'élection interne à la désignation à la candidature présidentielle, il faut convenir qu'on ne voit à priori que des oppositions entre des ambitions et bien peu de cohérence. Et toutes les clauses de style avertissant qu'il s'agit d'assurer la victoire du Parti Socialiste cachent des luttes fratricides qui visent à tuer ses concurrents. La dernière attaque émane de Jean Luc Mélenchon qui taxe Madame Royal de démagogie (je dirais même que cette analyse relève du pléonasme!). En effet, la madone des sondages veut s'attaquer à la retraite des élus, ce qui fait toujours plaisir à ceux qui ne le sont pas mais qui ne tient compte d'aucune réalité. Mélenchon demande alors à la belle Ségolène si elle fera don à la France de son cumul de retraites d'élue et de fonctionnaire. Comme nous le voyons le débat non seulement prend de la hauteur, mais en plus il traduit une amitié sincère ! Du côté de l'UMP, le Premier Ministre est venu dire à l'université d'été de Marseille tout le bien qu'il ne pense pas de Sarkozy, et vice versa. Mais sitôt le décor démonté, chacun y va de son initiative pour dézinguer l'autre: l'un dit "il faut supprimer la carte scolaire", l'autre répond "il n'en est pas question", l'un dit "il faut revoir les régimes spéciaux des retraites", l'autre dit "certainement pas". Comme on le voit, à gauche comme à droite, on ne cultive pas la différence, cela va bien au delà. Désormais on cultive l'incohérence. Et dans quelques mois on vous dira qu'il faut faire la paix, qu'on marche d'un même pas pour faire gagner la France, etc, etc...En tout cas si j'étais au PS ou à l'UMP, je mettrais un gilet pare balles, voire même un casque, tant le climat est devenu guerrier. Je pense à mes collègues parlementaires de ces deux partis qui, pour la plupart, tentent de ne pas se faire remarquer de peur de se trouver aussi dans la trajectoire. Je leur conseille d'aller aux abris en attendant des jours meilleurs pour aller se montrer aux côtés du vainqueur le moment venu. C'est souvent comme ça que ça se passe, c'est parfois efficace, ça n'est en rien glorieux.
Ce billet, écrit à 00:01 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :