mercredi 13 septembre 2006
Royal : le verni s’écaille
Cela devait être une fête de la rose de plus dans le parcours imposé aux candidats à la candidature du parti Socialiste à l’élection présidentielle. Les organisateurs de cette réunion de Quimperlé avaient prévu un débat avec le MJS, le Mouvement des Jeunes Socialistes. Madame Royal avait répondu favorablement à cette invitation. J’imagine l’entrée de la candidate, sourire accroché, serrant des mains et distribuant quelques amabilités à des militants curieux d’approcher la madone des sondages. Pour ce qui concerne le sourire, je suis personnellement sensible à la sincérité qui doit, selon moi, l’accompagner. Je ne peux pas dire que je sois convaincu de cette sincérité. Je trouve celui-ci trop figé pour traduire un sentiment. Mais enfin, ça n’est là qu’une perception personnelle que vous n’êtes pas obligé de partager. C’est la suite de cette réunion qui est intéressante car elle me semble révéler la nature de la véritable Ségolène. Alors que le débat avec les jeunes est engagé, une jeune militante ose une question pour demander à la candidate « virtuelle » si le clivage droite-gauche est essentiel. C’est une question qui taraude les Socialistes, comme l’UMP d’ailleurs, qui estiment qu’il n’est de salut que dans une frontière étanche entre les deux camps. Vouloir couper la France en deux est décidément une attitude qui m’est bien étrangère, c’est pourquoi je suis à l’UDF. Mais revenons à la question de la jeune militante socialiste et surtout à la réponse de Madame Royal : « tu as un doute ? Vas-y, aie le courage de tes opinions !» apostrophe-t-elle en direction de cette jeune personne décontenancée par l’agressivité évidente de la réponse. La jeune fille essaie alors de reprendre ses esprits pour argumenter sur des questions qui préoccupent les jeunes militants socialistes comme les 35h ou encore la carte scolaire. Alors là, Madame Royal perd son sang-froid et réplique sèchement : « Allez, vas-y ! Quelles sont les autres questions ? Tu n’es pas obligée de demander au garçon qui est derrière toi l’autorisation de parler. Tu es une femme…Tu as le droit de t’exprimer ! Tu es sûre que tu ne voulais pas aussi me parler des militaires ? » Cette fois la réponse, tant sur le ton que sur le fond, est éclairante. Madame Royal aime bien parader, ce que lui confère sa position de candidate, choyée par les sondages, mais supporte très mal le débat. Considérer, en effet, se sentir piquée par une jeune socialiste qui lui pose une question aussi peu banale, révèle un trait de son caractère que certains découvrent mais que ceux qui la connaissent vous décrivent volontiers. Cet incident a été relevé par la presse car visiblement il a choqué les militants et notamment les jeunes qui n’ont toujours pas compris cette réaction. Imaginez que Madame Royal soit retenue par le PS pour être candidate à l’élection présidentielle, je suppose que les Français auraient alors l’occasion de l’interroger relativement à son programme, voire de lui faire des remarques désobligeantes. Si la réponse à une question somme toute « gentille » d’une jeune socialiste est aussi agressive, alors j’imagine ce qu’elle sera quand elle s’adressera à des Français qui n’ont pas leur carte du PS dans leur poche. Et pire encore, imaginons-la élue Présidente de la République, alors les contestataires n’auront plus qu’à la boucler ! L’une des qualités requises d’un élu ou d’un candidat à une élection est de savoir écouter, de prendre note des remarques formulées par vos interlocuteurs et de savoir convaincre que votre point de vue est juste. Renvoyer un interlocuteur en lui faisant comprendre qu’il est un imbécile ou qu’il a un mauvais esprit quand il cherche simplement à s’informer, est un signe d’une très grande faiblesse et d’une absence de maîtrise de soi. On comprend mieux pourquoi Madame Royal avait refusé de débattre avec les jeunes socialistes à l’université d’été de la Rochelle. Mais on peut dire que, si l’on ne peut contenir ses nerfs dans une situation aussi familière pour un élu que de se trouver devant un parterre de militants, alors on n’a pas le profil ni la carrure pour exercer la fonction suprême du pays. J’ai, pour ma part, été choqué par cette attitude même si je n’en ai pas été étonné. J’espère simplement que ceux qui, comme moi, ont été interloqués par cette réaction mais qui, pas comme moi, sont socialistes ou sympathisants, sauront en tirer les conséquences. La Présidence de la République exige des candidats le respect des Français. Cet incident révèle qu’au niveau de Madame Royal il y a carence dans ce domaine. Après les couvertures des magazines au papier glacé, la période qui s’ouvre pourrait s’intituler celle du verni écaillé.
Ce billet, écrit à 01:04 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :