lundi 11 septembre 2006
5 ans déjà

Il y a 5 ans, le 11 septembre 2001, chacun se souvient du moment au cours duquel les tours du World Trade Center ont été attaquées par des avions de lignes pilotés par des terroristes d’Al Qaïda. A ce moment précis, le monde s’est arrêté de tourner pour une grande partie de l’humanité. J’étais pour ma part à ma permanence de l’avenue Jean Médecin. Sitôt la nouvelle annoncée par téléphone, j’allumais la télévision et restais pétrifié par les images d’horreur qui étaient diffusées en direct depuis New York. J’essayais d’appeler, en vain, ma sœur qui habite aux Etats-Unis pour savoir si sa ville n’était pas touchée. Car, à cet instant, la chute de ces tours symboles de l’Amérique incarnait à elle seule une secousse qui allait très au-delà de ce que nous pouvions voir. C’était la première puissance mondiale qui soudain était ébranlée, c’étaient des milliers d’innocents qui étaient enlevés à l’affection des leurs, c’était un peuple ami sur lequel s’abattait la malédiction, c’était un peu nous-mêmes qui étions attaqués sans savoir comment on pouvait se défendre. Tout à coup, toutes les assurances tombaient, le chaos s’installait au cœur de chacun d’entre nous. Comment nos enfants allaient-ils pouvoir grandir dans un tel Monde dont la cruauté dépassait soudain tout ce que la fiction pouvait imaginer de pire. 5 ans après, les plaies ne sont pas refermées. Et même si New York a rapidement réappris à vivre, même si chacun d’entre nous essaie d’imaginer un monde meilleur, chacun sait combien l’équilibre est fragile. Il n’y a plus de normes. Les lois de la guerre et de la paix sont tout à coup devenues obsolètes. Une bande de terroristes fanatisés ont mis à terre la première puissance mondiale. Et chacun sait que prévenir une telle catastrophe relève de l’impossible, les moyens les plus sophistiqués n’y pouvant rien. A cet instant, je ne veux pas exprimer mon pessimisme, mais mon immense malaise face à une situation que personne, 5 ans après, n’a su analyser avec précision. Quand aux auteurs d’une telle barbarie ils continuent d’agir sans pouvoir être éliminés ni même repérés. Les grandes démocraties se trouvent bien impuissantes face à un tel fléau. Malgré leur volonté de s’unir pour prévenir toute nouvelle attaque de ce type ou d’une autre nature, les grandes puissances savent la menace toujours présente, comme si rien ni personne ne pouvait l’empêcher réellement. Espérons seulement que l’on saura avoir les mots, les attitudes, vis-à-vis des peuples que l’on fanatise ici ou là, pour les convaincre que l’épanouissement de l’homme ne se fait pas avec des bombes autour de la ceinture. Malheureusement, quand je vois la situation en Irak, en Afghanistan, en Iran ou ailleurs, je me dis qu’on est loin 'avoir atteint notre objectif. Finalement il faut convenir, non sans regrets, que ces 5 années on suscité plus de questions qu’elles ne nous ont apporté de réponses. La lutte contre le terrorisme est bien engagée mais sommes nous réellement sur la bonne voie pour l’éradiquer ? Nul ne peut hélas répondre oui à cette interrogation.
Ce billet, écrit à 06:05 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :