De Mao à Sarko
Par Rudy Salles, dimanche 10 septembre 2006 à 06:06 :: Coup de gueule :: #157 :: rss
Le trentième anniversaire de la mort de Mao donne lieu, en Chine, à un certain nombre de manifestations à la gloire du "grand timonier". Ainsi la presse relate-t-elle les pélerinages organisés dans son village natal, les "saluts" auxquels les foules sont soumises devant sa statue, la visite du musée qui lui est dédié où l'on peut examiner les tubes de dentifrice utilisés par l'illustre ou encore certains de ses sous vêtements. La presse Française relate, avec une certaine ironie, justifiée je dois dire, ce type de cérémonial. Mais tout de suite après, les infos radiophoniques passent à la rubrique suivante: Sarko. Ainsi apprend-on que le "petit maître à penser" comme le surnomme "Doc Gyneco" a été à Bruxelles proposer un "petit traité Européen", puis dans la foulée il s'est rendu auprès des agriculteurs pour leur dire qu'il était inacceptable que leurs revenus soient si faibles, le temps de prendre quelques clichés devant un tracteur et de signer des autographes. Et lundi ce sera New York pour le cinquième anniversaire de la tragédie du World Trade Center. Les journalistes consacrent décidément une énergie considérable pour "couvrir" l'agenda du nouveau Monsieur 200.000 volts. Et pendant ce temps c'est comme si les autres politiques n'existaient pas, ne faisaient rien. On élude, on éclipse tout ce qui peut se passer par ailleurs pour se gargariser de tous les faits et gestes d'un seul. Au nom de quoi? De l'information? Certainement pas ou en tout cas ça n'y ressemble pas. Au nom d'une mode? Peut-être mais ça n'est plus alors un travail de journaliste d'information. Au nom d'autres intérêts? Dans tous les cas, il y a là un problème d'éthique et de déontologie. J'ai fait le lien avec le culte de la personnalité en Chine parce que je trouve qu'au train où vont les choses, on aura bientôt dépassé les Chinois. En tout cas, avec les moyens de communication actuels, ce à quoi nous assistons, ce n'est plus de l'information mais de la propagande.
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