Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mardi 5 septembre 2006

Non à la privatisation de GDF

La session extraordinaire du Parlement a été convoquée dès cette semaine par le Président de la République afin d'examiner le projet de Loi autorisant la privatisation de Gaz de France en vue de sa fusion avec le groupe SUEZ. Sur le plan du projet industriel, le rapprochement de ces deux sociétés n'est pas une ineptie puisque leurs activités sont très proches. Mais sur le plan politique et sur celui de la défense des intérêts majeurs des Français, ce projet est beaucoup plus préoccupant. En effet, tout ce qui concerne les approvisionnements énergétiques revêt un caractère extrêmement sensible où l'aspect commercial ne doit pas s'imposer à l'exclusion de tout autre. Mon opposition repose sur quelques critères simples et que tout le monde peut comprendre. Tout d'abord, GDF est une entreprise saine et qui a été construite au fil du temps grâce aux efforts des Français. D'autre part, le Gaz est aujourd'hui une source d'énergie rare et reherchée, dont les producteurs entendent profiter au maximum des retombées financières qu'ils pourront lui procurer dans l'avenir. On voit d'ailleurs combien cette question peut être une source de conflit quand la Russie, pays producteur, a décidé d'augmenter soudain de façon exponentielle le prix du gaz exporté vers l'Ukraine. Ce pays n'a pas pu faire face à cette augmentation et l'approvisionnement en gaz a été diminué unilatéralement par la Russie. Si une telle situation se produisait vis à vis de la France, seul l'Etat Français pourrait avoir la capacité de réagir en faisant pression sur la Russie. En revanche, si GDF est privatisée, elle pèsera bien peu de chose à l'égard de l'Etat Russe ou d'un autre. Par ailleurs, si une société publique rend des comptes à l'Etat, une société privée ne rend des comptes qu'à ses actionnaires. Ainsi, si l'équilibre financier du futur groupe GDF/SUEZ est menacé, sa direction décidera d'augmenter les tarifs et le consommateur n'aura pas de recours. C'est pourquoi je pense que l'Etat doit rester majoritaire dans la future société pour pouvoir défendre les intérêts des Français. Malheureusement ce débat est mal parti. Il y a deux ans, Monsieur SARKOZY était totalement hostile à ce que la part de l'Etat descende en dessous de 70% pour les raisons que je viens d'évoquer. Mais dans la partie de bras de fer qui l'a opposé au Premier Ministre, c'est ce dernier qui l'a emporté et donc l'UMP votera le texte de loi. Sauf que le PS a décidé de déposer 100.000 amendements, du jamais vu sous la Vème République! Cela veut dire que le texte ne sera pas voté et que le Gouvernement devra passer en force en utilisant l'article 49-3 de la Constitution. C'est donc une très mauvaise affaire pour GDF, pour la France et pour les consommateurs. Je le regrette profondément car l'approvisionnement énergétique est un sujet majeur pour notre pays. C'est pourquoi, je vous devais ces explications relativement à ma position sur ce projet.