samedi 26 août 2006
Proche Orient: le retour de la France

Après le suspense de ces jours derniers, le Président de la République a annoncé que non seulement la France ne renonçait pas au commandement de la force d'interposition internationale au Liban (la FINUL) mais qu'elle entendait envoyer plus de 2.000 hommes. Cela vient mettre un terme aux rumeurs de ces derniers jours qui indiquaient que la France risquait d'envoyait un contingent "à minima" de 200 hommes. Ces rumeurs venaient d'ailleurs contredire la volonté d'engagement de notre pays dans le processus de paix du Proche Orient. Alors pourquoi cette valse hésitation et cette conclusion finalement conforme à ce que la communauté internationale était en droit d'attendre de notre République? Tout simplement, je crois, parce que le Président Chirac a voulu, avant de donner la réponse de la France, obtenir toutes les garanties sur la clarté des missions de la FINUL renforcée. En effet, si c'était pour poursuivre le rôle d'observateur engagé par la précédente FINUL qui n'a aucunement permis de pacifier la région et qui a exposé inutilement nos soldats, alors ça n'était pas la peine de s'engager. Car la mission des soldats de la force d'interposition qui va devoir prendre place, ce ne sera pas d'observer mais d'agir pour empêcher le retour aux hostilités et aussi, et c'est là une tâche très difficile, d'engager le désarmement du Hezbollah et de mettre un terme aux trafics d'armes tel que prévu par la résolution 1701 des Nations Unies. Pour une mission aussi délicate, il fallait bien que la feuille de route de la FINUL renforcée soit claire. Ca a été l'exigence de la France. J'approuve cette fermeté et je constate que de Jerusalem à Washington en passant par Beyrouth cette position a été bien accueillie. Cet engagement de la France va probablement avoir un effet d'entrainement vis à vis d'autres pays, Européens notamment, qui hésitaient à prendre part à cette opération. C'est là aussi un point positif. Maintenant il va falloir gagner la paix sur le terrain: c'est une autre affaire! Mais sans cette exigence de départ, on pouvait être assuré de l'échec programmé de la mission.
Ce billet, écrit à 00:01 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :