Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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L'hypocrisie continue

Après l'empressement dont a fait preuve le Conseil de Sécurité de l'ONU pour faire cesser le feu au Proche Orient, on pouvait croire que les engagements pris par la communauté internationale seraient tenus. En effet, les Etats membres du Conseil ont fait montre d'une grande énergie pour réussir à se mettre d'accord sur des éléments qui permettraient de faire taire les armes. Ils ont pris des engagements pour constituer la force d'interposition qui doit se mettre en place et éviter le retour du conflit. Une fois la résolution 1701 adoptée et les micros et caméras démontés, on se trouve face à une communauté internationale incapable de tenir ses engagements. La force d'interposition dite "FINUL renforcée" devait compter 15.000 hommes, on parle d'atteindre péniblement 3.000 aujourd'hui, et encore si les principaux acteurs jouent le jeu. La France, qui s'était distinguée depuis le début du conflit comme une pièce maitresse pour la future force d'interposition, a revu ses objectifs à la baisse. De 2.000 hommes, on passerait à 200 et notre pays ne souhaite plus diriger ladite FINUL. La France a des arguments pour justifier sa position actuelle: elle demande que la FINUL ait un mandat précis pour savoir si elle a pour mission d'agir ou d'observer. Sur ce point il semble que l'ONU soit incapable de répondre. L'Italie se propose de prendre le relais de la France et envisage d'envoyer à son tour 2.000 soldats. Mais elle exige, comme la France, que la FINUL ait une feuille de route clairement définie. Et pour l'instant, aucune réponse claire n'est apportée à la demande des Italiens. Pendant ce temps, le Hezbollah continue de mener des actions sur le terrain, et Israël poursuit quelques tirs ciblés pour empêcher les trafics d'armes en provenance de l'Iran ou de la Syrie. On est donc loin du désarmement demandé par l'ONU. De Gaulle qualifiait l'ONU de "machin". Je trouve ce qualificatif hélas tout à fait d'actualité. Le malheur réside dans le fait que la situation au Proche Orient est grave et que chaque jour qui passe rend le cessez le feu plus fragile. La mobilisation des grands de ce monde apparaissait comme une attitude responsable prenant à bras le corps un problème important avec la volonté d'y apporter remède. En réalité il s'agissait, pour chacun, de faire valoir de grands principes et de prendre des engagenements qu'ils ne tiendraient pas. Et pendant ce temps le bal des hypocrites continue et la situation au Proche Orient redevient explosive.

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