La communauté internationale au pied du mur
Par Rudy Salles, samedi 19 août 2006 à 00:26 :: Politique :: #135 :: rss

Le cessez le feu adopté par le Conseil de Sécurité des Nations Unies et le principe du déploiement d'une force d'interposition au Liban permettront-ils de régler le problème posé par la présence du Hezbollah dans ce pays? On commence à en douter en voyant comment les décisions ont du mal à se mettre en place. Bien sûr, l'Armée Libanaise a réintégré le sud Liban mais chacun s'accorde sur le fait qu'elle n'est pas en mesure de désarmer le Hezbollah. Il faut donc pour cela un appui d'une force internationale composée de plusieurs Etats étrangers. C'est alors que la confusion s'installe. Tout le monde a voté pour la mise en place d'un tel dispositif mais au moment de mettre à exécution cette décision, alors des dissensions inquiétantes éclatent au grand jour. Ainsi la France propose-t-elle d'envoyer un contingent de 200 hommes alors qu'elle accepte de prendre le commandement de ladite coalition. L'ONU s'étonne de la faible proposition de la France qui jusqu'alors apparaissait comme la puissance la plus engagée vis à vis de ce conflit. Explications de la Ministre de la Défense: il faut que le mandat de l'ONU à l'égard de la FINUL soit clair. Et sur ce point, je pense que Madame ALLIOT MARIE a raison. Si les missions de la FINUL nouvelle doivent s'apparenter à celles de l'ancienne, alors ça n'est pas la peine de s'y investir. En effet, ce que l'on retiendra de l'action de la FINUL depuis ces dernières années c'est plutôt l'inaction, une sorte d'observateur impuissant à régler les problèmes qui se développaient sous ses yeux et pratiquement dans l'incapacité de se défendre. Certaines mauvaises langues disent que ce qu'il faudra retenir de la FINUL c'est la deuxième syllabe: NUL. C'est peut-être un peu sévère mais pas dénué d'un certain bon sens critique. Le rôle de la nouvelle FINUL telle qu'il s'est dégagé des débats du Conseil de Sécurité doit être d'aider l'Armée Libanaise à retrouver sa place au sud Liban, de contribuer au désarmement du Hezbollah (car l'Armée Libanaise n'a pas les moyens de le faire) et de rétablir par des moyens militaires les conditions d'une paix et d'une sécurité durables dans la région. En revanche, si la FINUL n'a pas de mandat clair pour cela, alors on peut craindre l'installation d'une grande confusion qui bénéficiera aux plus activistes, c'est à dire au Hezbollah. Et dans ces conditions, tout cela n'aura servi à pas grand chose, sinon à gagner du temps et à laisser croire que tout est réglé. Malheureusement diplomatie et efficacité ne font pas toujours bon ménage.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.