Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Attention "pipolisation"

Ce mot francisé de "pipol" qui vient en réalité du mot anglais "people" qui veut dire "les gens" est en train de tourner la tête à ceux qui s'en affublent ou à la presse qui les fabrique. De tout temps on a montré les célébrités sur les pages des magazines, en long, en large et en travers! Même si en France cet étalage a ses limites du fait de la Loi sur la protection de la vie privée, on assiste néanmoins à une dérive grâce au consentement ou à un encouragement tacite des "pipolisés". Ces derniers sont "choqués" que l'on étale leur vie privée mais si on oublie de le faire alors ils sont en manque. Une étude sociologique du monde des "pipol" permettrait certainement de démontrer qu'on les retrouve dans de nombreuses catégories: les artistes, les journalistes mais aussi les politiques, sans oublier les "jet setters" qui sont une catégorie à part.

Pour les artistes, que l'on appelle désormais "star" quant bien même ils ne sont connus que de leur boulangère, cela fait partie du décor naturel. Je trouve que c'est dans cet environnement que la "pipolisation" choque le moins puisqu'elle est dans son milieu. Les projecteurs étant en permanence braqués sur les artistes, ils ne s'éteignent tout simplement pas quand ils sortent de scène. Ceci étant, ceux qui veulent se protéger de la lumière peuvent le faire.

Pour ce qui concerne les journalistes, la "pipolisation" est le résultat de la starisation des présentateurs de journaux télévisés. On ne regarde pas le journal de 20h mais celui de PPDA ou de Claire Chazal et quand Harry Roselmak débarque son prédécesseur cela devient une "affaire" nationale. Pour ma part je dois bien dire que je regarde un journal télévisé pour être informé et non pour m'intéresser à celui ou celle qui le présente. L'essentiel c'est que ce soit un bon professionnel. Partant de là il faut savoir de qui est l'enfant caché, avec qui la femme de celui-ci l'a-t-elle trompé et si un journaliste noir peut présenter un journal aussi bien qu'un blanc! On est tombé dans un voyeurisme qui nuit à la profession mais aussi à la dignité de ceux qui l'exercent.

Pour ce qui est des politiques, il faut savoir garder un juste milieu. Par souci de transparence, la population doit savoir, me semble-t-il, comment vit un élu. Il ne faut certes pas aller trop loin car un élu a le droit au respect de sa vie privée comme tout le monde. Mais que la presse soit restée muette alors qu'un Président de la République entretenait, aux frais de l'Etat, un deuxième foyer, est, à mes yeux, une faute professionnelle. Et dans cette affaire, c'est le Président lui-même qui a donné le top départ de la pipolisation de sa famille. Drôle de moeurs! Et puis il y a aussi la surexposition de certains qui mettent en scène leur couple ou leur famille quand tout va bien, qui s'excusent qu'on ne les y reprendra plus quand ça flanche, et qui repartent de plus belle quand le couple s'est retrouvé. Il est anormal que cette actualité là prenne le pas sur le reste. Mais on peut penser aussi que c'est un écran de fumée qui permet de masquer les véritalbes problèmes auxquels les Français sont confrontés. Et puis il y a les postures qui évoluent. Je me souviens d'une Ministre qui avait convié toute la presse à suivre sa grossesse et presque son accouchement pour que tout cela s'étale dans les journaux à grand tirage avec force photos. Quelques années après, alors qu'elle prétend être candidate à l'élection présidentielle, elle s'emporte qu'un photographe ait pu la prendre en photo en maillot de bain sur une plage de la Côte d'Azur. Ceci serait passé inaperçu sans cette réaction. Le courroux de la naïade en fait un événement. On pourrait en dire autant de certains souverains qui passent plus de temps à étaler leur vie privée souvent très agitée plutôt qu'à incarner les valeurs de pays qu'ils représentent.

Enfin, j'évoquerai très brièvement la situation des "jet setters", qui n'ont rien à faire ni rien à dire sinon que d'essayer d'exister en trainant dans les boites à la mode, sur quelques plages branchées ou sur les yachts de milliardaires qui s'ennuient. Ils n'ont pas d'autres raisons d'exister, alors laissons les faire mais ne leur donnons pas plus d'importance qu'ils n'en ont. Eux aussi font néanmoins la Une des magazines, mais c'est réellement tout ce qu'ils font!

Trackbacks

Aucun trackback.

Les trackbacks pour ce billet sont fermés.

Commentaires

1. Le vendredi 18 août 2006 à 14:03, par Mickaël Fercoq

Article très intéressant.

Ajouter un commentaire

Les commentaires pour ce billet sont fermés.