Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mardi 15 août 2006

Ne jamais oublier ces 23 innocents, et tous les autres

Ce 15 août, comme chaque année, je me rends au "mur des fusillés" de l'Ariane. On appelle ce lieu ainsi car le 15 août 1944, 23 Niçoises et Niçois furent amenés sur ce terrain, le long du Paillon, pour y être fusillés par les Nazis. Ils étaient de chez nous, ils avaient la vie devant eux, ils révaient de liberté et de justice jusqu'à en périr sous les balles de l'opresseur. Chaque année nous nous retrouvons sur ce site devenu depuis un lieu de recueillement et de mémoire. Nous nous inclinons devant les 23 noms piqués dans le sol sur des petits panneaux verts qui rappellent leur souvenir et leur martyre. Autour de nous, outre les officiels, se trouvent les porte-drapeaux mais aussi les familles. Les plus anciens ont connu les victimes que nous honorons. Pour la plupart ce sont des frères ou des soeurs ayant vécu toute leur vie avec cette vision d'horreur devant leurs yeux d'un proche qu'on a fauché à leur affection dans un acte d'une lâcheté incroyable. L'émotion chez ces personnes est intacte. Leur rencontre chaque année me donne l'impression d'aller saluer les familles d'un défunt qui vient de disparaitre alors que cela fait déjà 62 ans... La barbarie vous choque à jamais et le temps ne peut pas l'effacer. Il y a aussi des enfants qui assistent à cette cérémonie. Ce sont souvent les descendants des parents qui ont survécu à ce massacre. Ils sont là pour apprendre, comprendre et témoigner à leur tour de ce que leurs familles ont enduré. Cette manifestation est aussi un acte pédagogique pour expliquer ce qui s'est passé afin que nos contemporains partagent cette émotion et puissent à leur tour dénoncer et prévenir des actes similaire qui pourraient éventuellement se produire à nouveau. Car la cruauté de l'homme est sans limite et ce qui s'est passé hier peut hélas revenir. C'est pourquoi nous devons tous rappeler ces faits, les condamner sans réserve et nous mobiliser pour dénoncer ceux qui voudraient réviser l'histoire. Il faut le faire, et le faire encore. Et savoir répondre à ceux qui vous diraient qu'on en fait trop, qu'en matière de rappel de ces faits qui sont sinistres mais historiques, on en fait jamais assez.