samedi 5 août 2006
Nice: l'affaire du stade

Le préfet décide d'attaquer la délibération de création du nouveau stade devant le tribunal administratif, le juge à son tour décide de suspendre ladite délibération. Vociférations du Maire et de ses proches, déception des supporters. Je ne suis pas là pour distribuer les bons et les mauvais points, mais tout de même. Cette affaire s'inscrit dans le lot des nombreuses autres qui, soit ont déffrayé la chronique judiciaire, soit se singularisent par des imperfections qui frisent l'amateurisme. J'en veux pour preuve le projet de tramway, le plus cher de France et dont la réalisation est la plus chaotique. Les travaux du tram de Paris ont commencé après Nice et les rames circuleront pourtant dès le mois de novembre 2006. Pour ce qui concerne le stade, rappelez-vous, le premier projet devait être édifié sur l'emplacement du Ray. Le Maire affirmait que celui-ci ne pouvait être édifié ailleurs et qu'il fallait aller vite. C'était sans compter avec la vigilance du Procureur de la République qui arrêtait le Directeur des Services de la Ville, lequel avait mis au point un réseau de corruption sur cette affaire. Et donc le stade repartait pour un tour. Le projet abandonné, le Maire jetait alors son dévolu sur Saint Isidore. Il fallait aller vite, très vite. Pourquoi? Pour faire plaisir aux supporters? Pour empêcher la relégation du club? C'étaient là de faux prétextes. Il fallait aller vite pour pouvoir livrer le stade avant les élections municipales pour que Monsieur le Maire puisse afficher cette réalisation dans son bilan. Soit, sauf qu'il ne faut pas mélanger "vitesse et précipitation". Et pour y parvenir on monte un système assez savant qui donnera la construction du stade et son exploitation à une société privée et qui, pour s'en sortir, aura des demandes financières assez élevées. Bien sûr, ces coûts seront étalés dans le temps, mais à la fin du compte, il faudrait dire aux Niçois combien le stade aura réellement coûté au contribuable, beaucoup plus cher que dans une procédure normale. En attendant c'est un nouveau flop pour la politique municipale et un nouveau coup dur pour le Gym, pour les supporters et tout simplement pour les Niçois. Le stade ne sera vraissemblablement pas réalisé avant les élections municipales. Il faudra revoir la copie et ça va prendre du temps. Néanmoins nous devrons nous battre pour que le Ray obtienne une prorogation de son homologation afin que l'OGCNice ne soit pas relégué en Ligue 2 ce qui serait un comble. Mais je pense que, de ce côté là, on y parviendra car le club n'a strictement aucune responsabilité dans cet imbroglio strictement municipal. La morale de cette histoire est que la municipalité est incapable de mener ses projets à terme et quant à la gauche elle n'est bonne qu'à démolir quand elle n'est pas occupée à démêler ses propres oppositions internes. Il est grand temps qu'une nouvelle page de l'histoire de notre ville s'écrive avec une nouvelle équipe qui s'intéressera enfin à l'avenir des Niçois.
Ce billet, écrit à 08:28 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :