Au programme: Haïfa sous les bombes du Hezbollah
Par Rudy Salles, lundi 24 juillet 2006 à 00:03 :: Politique :: #109 :: rss
La journée de dimanche fut instructive à plus d'un titre. Elle commença par la route Jérusalem Haïfa. Direction, le nord d'Israël, c'est à dire la région la plus proche du Liban. A Haïfa, troisième ville d'Israël, nous avons été reçus par le Maire en présence du Ministre Français des Affaires Etrangères Philippe Douste Blazy. C'était une coincidence. Le premier magistrat de Haïfa avait dans son bureau un plan de la ville avec des "obus" représentant les différents quartiers touchés par des tirs de missiles du Hezbollah. Cinquante impacts avaient d'ores et déjà été dénombrés. Cet homme, dans son commentaire, exprimait à la fois de la colère, de la révolte, une immense tristesse de voir sa ville, l'une des plus belles d'Israël ainsi touchée. En outre, il faisait valoir que c'est à Haïfa que les communautés juives et arabes sont les plus proches, comme pour souligner une injustice supplémentaire.
Et puis, l'ayant quitté, le Ministre Français étant parti pour une autre destination, nous décidions de nous rendre sur l'un des lieux où un missile avait abouti. C'est alors que se mirent à retentir les sirènes. Le chauffeur eut le temps de laisser le mini bus au milieu de la rue et de nous intimer l'ordre de quitter le véhicule et d'aller nous réfugier dans la première maison venue, à défaut de trouver un véritable abri. Nous nous exécutions. Quelques secondes après cette alerte, nous entendions exploser dix missiles, l'un après l'autre, qui s'abattaient sur la ville. Je vous assure que le dire est une chose, le vivre en est une autre. Vous vous sentez alors totalement impuissant vis à vis de ce feu aveugle qui vient frapper des innocents. Dès l'alerte terminée, nous sommes remontés dans notre voiture. La ville ressembait à une ville fantome, sans circulation automobile, sans piétons, les commerces fermés, les bars et restaurants également. Imaginez une grande ville méditerranéenne en plein mois de juillet dans cette situation. La vie des citoyens de Haïfa est ponctuée toute la journée par des attaques de cette nature. Pendant notre courte visite, ce sont deux morts et plusieurs blessés qui furent dénombrés. La population n'en peut plus!
De là, nous nous sommes rendus avec le Président du CRIF Roger Cukierman dans les ateliers de la compagnie des chemins de fer où deux missiles sont tombés il y a quelques jours faisant huit morts. Les missiles utilisés contiennent des centaines de billes de plomb de façon à tuer et à blesser d'avantage. Le sol, les parois du train étaient criblés d'une multitude de petits trous. Imaginez ce que ces engins peuvent faire comme dégats et comme souffrance chez l'homme. Nous nous sommes recueillis un instant devant ces ateliers qui portent les stigmates du terrorisme et sommes repartis vers Jérusalem où nous devions rencontrer les membres du Gouvernement.
Je voudrais dire à ceux qui accusent Israël de s'être lancé dans cette guerre qu'il s'agit d'une riposte pour survivre. De tous les entretiens que nous avons eus avec les autorités Israéliennes, il ressort qu'Israël souhaite vivement que le Liban, le gouvernement Libanais reprenne son destin en main et ne tolère plus qu'un tel groupe terroriste puisse agir en toute impunité, y compris en comptant des ministres à Beyrouth. Ca n'est ni plus, ni moins, que le respect de la résolution 1559 des Nations Unies qui demande au Liban de désarmer le Hezbollah. Il faut que le Liban le comprenne et que la communauté internationale agisse dans ce sens. Car Israël ne peut plus accepter un tel niveau d'insécurité. C'est bien là le sens de l'action qui est menée actuellement par Israël et sur lequel certains s'interrogent du bien fondé. Posez-vous la question de savoir ce que vous souhaiteriez que votre gouvernement fasse si votre pays était ainsi menacé?
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