Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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samedi 3 juin 2006

Le lundi de l'ambiguité

Lorsque Jean Pierre RAFFARIN a décidé de supprimer un jour férié (le lundi de Pentecôte) pour créer une journée de solidarité pour nos anciens, j'ai pensé que cétait une fausse bonne idée. En effet, ce long week-end est entré dans les moeurs mais aussi dans l'économie. Il suffisait de se promener sur la promenade des Anglais à Nice pendant ce week-end pour comprendre que ce week-end est l'un des temps forts de la saison touristique. Je pourrais en dire autant pour la plupart des régions de France notamment pour Nimes qui, pour la Féria, accueille près d'un million de visiteurs. Alors il eut été préférable de retenir une journée de RTT et de s'en tenir là plutôt que de pénaliser l'activité touristique de notre pays. L'an dernier l'essai de la suppression du lundi férié fut une échec cuisant. Le Gouvernement, sous la pression de l'opinion et des parlementaires, a tenté de réduire "l'effet suppression" en rendant le dispositif plus souple. De ce fait, en 2006 c'est la confusion. On ne sait plus qui travaille et qui ne travaille pas. Dans un pays cartésien comme la France cette situation est très mal vécue et chacun sent qu'elle ne perdurera pas. Alors rendons son caractère férié au lundi de Pentecôte et décidons de vraies mesures de solidarité pour nos anciens.

Bon Anniversaire

Ma fille a aujourd'hui 26 ans. Je suis heureux de la voir évoluer dans son époque avec son enthousiame, avec ses projets et ses rêves mais dans un monde où les difficultés ne manquent pas. Notre génération sortait des "trente glorieuses", période de prospérité et du plein emploi. Certes il y avait eu les chocs pétroliers des années 70 mais on appelait cela "la crise" et on se trompait. Une crise est provisoire et permet le retour à la situation antérieure. En réalité il s'agissait d'une mutation profonde. La mondialisation, le changement des équilibres planétaires allaient avoir un impact durable sur nos vies. Le chômage, les conflits, la violence, le terrorisme, le racisme, l'antisémitisme, la poussée des extrêmes voire l'apparition de pandémies comme le SIDA sont venus forger cette génération. De l'insouciance des années 60 on est arrivé à la responsabilité des années 2000. Nos jeunes sont plus inquiets pour l'avenir que ne l'étaient leurs ainés, ils sont de ce fait plus responsables. Plus tolérants, plus ouverts sur le Monde étant devenus des citoyens européens, ils aspirent à plus de justice, plus de vérité. Ils s'intéresseraient volontiers à la politique à condition qu'ils aient l'impression que les élus ne soient pas des marchands d'illusions mais plutôt des gens qui aient le courage de s'intéresser à l'essentiel. Et pour eux, la protection de la planète n'est pas un gadget que l'on agite de temps en temps pour faire moderne, c'est le sujet qui conditionne tous les autres. Ils portent sur leurs ainés un regard affectueux mais aussi très critique car ils ont conscience que pour eux la vie est plus dure qu'elle ne l'était pour nous à leur âge et rendent les générations précédentes responsables de cette situation. Il faut reconnaitre que c'est un peu vrai même si l'histoire est plus compliquée. Mais au point où nous en sommes, nous devons franchement nous remettre en question pour affronter les difficultés qui s'annoncent. Et dans ce domaine, les jeunes d'aujourd'hui ont une vision qui doit nous inspirer. Alors à travers les meilleurs voeux de bon anniversaire que j'adresse à ma fille, je veux rendre hommage à sa génération en qui j'ai confiance et que nous devons aider à affronter les défis de l'avenir.