mardi 16 mai 2006
Censure: un vote en conscience.
Voter la censure du Gouvernement n'est pas un acte anodin. C'est une décision à laquelle j'ai mûrement réfléchi. La réponse aurait été toute simple si le Groupe UDF avait pu déposer lui-même sa propre motion. Malheureusement il eut fallu que notre groupe compte 60 Députés alors que nous ne sommes que 30. Dans ces conditions la motion de censure déposée par le groupe socialiste nous sert d'appui technique pour dire ce que avons à dire et pour voter en conséquence. Il ne sagit en aucune façon de se rapprocher du Parti Socialiste que je tiens pour co-responsable du déclin dans lequel est plongé notre pays depuis 25 ans. La seule question à laquelle nous devons répondre et que nous voulons sanctionner par notre vote est la suivante: voulons-nous que la situation actuelle se poursuive encore pendant 1 an? La réponse est NON et elle est unanime. D'ailleurs, quand on la pose aux députés UMP, ils vous répondent en secret qu'ils sont d'accord avec notre analyse mais qu'ils n'ont pas la liberté de dire ce que nous disons et de faire ce que nous faisons. Certains ont décidé de ne pas assister au discours du Premier Ministre et l'ont fait savoir. Ils entendent voter la censure avec leurs pieds! D'autres commencent à réclamer la démission de Dominique de Villepin. Quant à nous, nous demandons que le Président de la République prenne une initiative pour mettre un terme à la crise politique que traverse le pays et qui paralyse toute l'action gouvernementale. La France a besoin d'être gouvernée. La crise qui touche le sommet de l'Exécutif à cause de la lutte sans merci que se livrent le Premier Ministre et le Ministre de l'Intérieur mine toute action et affaiblit nos institutions. Les mises en cause de l'Armée, de la Justice, des services de renseignements, des Ministres, du Chef de l'Etat contribuent à créer un climat délétère qui conduit à l'écoeurement de nos concitoyens. C'est effectivement pour demander le retour à une situation plus normale que nous votons la motion de censure. Même si cette motion est symbolique, elle est importante. Elle marquera un tournant dans la Vème République en rappelant que certains Députés, même peu nombreux, ont décidé de dire NON à la fatalité du déclin. C'est probablement une attitude qui aurait pu être qualifiée de gaullienne mais qui aujourd'hui est devenue étrangère à ceux qui se disent les héritiers de l'Homme du 18 juin.
Ce billet, écrit à 16:09 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :