France-Algérie: oui à l'amitié, non au chantage
Par Rudy Salles, dimanche 16 avril 2006 à 15:32 :: Politique :: #20 :: rss
Le Ministre des Affaires Etrangères s'est rendu récemment en Algérie pour relancer le projet de traité d'amitié entre la France et l'Algérie proposé par le Président de la République il y a quelques années. Si nous sommes évidemment favorables à ce que l'amitié se renforce entre nos deux peuples qui ont ensemble une longue histoire et qui ont aujourd'hui des liens très forts, en revanche on ne saurait accepter un traité qui demande à la France une repentance unilatérale. Or je me rends compte que les dirigeants algériens réclament ce traité à condition que la France accepte de jouer le mauvais rôle, celui de l'ancienne puissance coloniale qui aurait asservi le peuple algérien et qui désormais viendrait demander pardon. Chacun sait que l'histoire ne s'écrit pas comme cela. Dans le passé colonial de la France il y a eu du bon et du mauvais. Et dans la guerre d'indépendance il y a eu aussi beaucoup de zones d'ombres qui ne reflètent pas exactement la qualité des peuples. C'est pourquoi un traité d'amitié doit partir sur des bases nouvelles où chacun, les Algériens et les Français n'ont pas à rougir ou à baisser la tête mais à se regarder droit dans les yeux comme des peuples qui décident d'avancer ensemble vers l'avenir. Si le traité d'amitié consiste à humilier la France, alors que l'on ne compte pas sur nous car nous n'avons aucune raison de l'accepter. J'ai encore en mémoire le discours de Monsieur BOUTEFLIKA à l'Assemblée Nationale qui venait critiquer le rôle de notre pays pendant les 132 ans de présence française en Algérie. J'étais d'ailleurs l'un des seuls Députés à me lever et à quitter l'hémicycle. J'ai également en mémoire l'interview du même Président algérien qui traitait les harkis de collabos! Alors un traité d'amitié, pourquoi pas puisque 44 ans après, le temps des retrouvailles est arrivé. Mais cette amitié demande des efforts réciproques ce que l'Algérie de BOUTEFLIKA ne semble pas prête à accepter. Alors n'insistons pas et attendons que des dirigeants algériens plus ouverts veuillent bien à nouveau tendre la main. La dignité du peuple français ne se négocie pas.
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