Bravo Jean Lassalle
Par Rudy Salles, vendredi 14 avril 2006 à 22:16 :: Politique :: #18 :: rss
Après quarante jours d'une douloureuse et courageuse grève de la faim, notre ami Jean Lassalle a obtenu gain de cause pour la sauvegarde des 150 emplois de l'entreprise Toyal dans la vallée d'Asp. Pourquoi en venir à de telles extrémités, se demande-t-on, quand on est Député? Simplement parce que les Députés comme les citoyens ne sont plus écoutés ni respectés. Et pourtant, Jean Lassalle, avant de se lancer dans cette délicate privation d'alimentation avait essayé toutes les procédures. Le nombre de lettres restées sans réponse en atteste. Toutes les démarches étaient restées vaines et s'étaient soldées par l'indifférence générale. Pas un Ministre ni un dirigeant de l'entreprise n'avaient daigné résoudre le problème soulevé. La grève de la faim elle-même avait commencé par des regards moqueurs et beaucoup de condescendance comme si Jean Lassalle voulait faire "un coup". Il faut dire que dans la société de communication dans laquelle nous vivons, on est plus habitué à des contorsions médiatiques qu'à de telles démarches de désespoir. Il y a seulement quelques jours, quand l'état de santé de Jean Lassalle s'est dégradé et que tout le monde a compris qu'il irait jusqu'au bout -ce que nous savions depuis le premier jour, nous qui sommes ses amis- que les Ministres, le Premier Ministre, voire le Président de la République se sont enfin mobilisés. Il était temps et cela aurait pu venir beaucoup plus tôt. Car Jean Lassalle ne voulait pas que l'on vienne à son secours mais au secours de sa vallée menacée de désertification. Le sauvetage de la vallée semblait n'intéresser personne, la mort éventuelle d'un Député à l'Assemblée Nationale pour privation d'alimentation venait déranger finalement tout le monde et il fallait donc, in extrémis, arrêter cela. Alors on a même assisté à une compétition au plus haut niveau de l'exécutif pour voir qui allait arriver le premier à résoudre le problème. Tant mieux si l'on a pu finalement trancher cette question mais ce ballet final avait quelque chose d'indécent qui tranchait singulièrement avec l'indiférence des semaines précédentes. L'essentiel est que la volonté extraordinaire de Jean Lassalle ait permis de résoudre ce problème. Il reviendra bientôt dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale où tout le monde saluera son courage. Mais cette démarche restera révélatrice de ce que nos institutions sont aujourd'hui bien malades. Il y aura désormais un grand témoin pour le rappeler, il s'appelle Jean Lassalle.
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