jeudi 9 mars 2006
CPE: l'entêtement n'est pas une bonne méthode
L'affaire dite du "CPE" (contrat premier emploi) vient de prendre une nouvelle tournure. Après le passage en force à l'Assemblée Nationale à l'aide de l'article 49-3 qui est venu mettre un terme au débat et retirer aux Députés leur droit de vote, les manifestations du 7 mars ont apporté la preuve d'une forte mobilisation des jeunes. En outre, les universités se mettent progressivement en grève, ce qui, à la veille du printemps, est un signe qui devrait inquiéter le Gouvernement.
Malheureusement le Premier Ministre reste "droit dans ses bottes" et affirme que l'affaire est entendue, même s'il n'est plus exclu que l'on cherche à renouer les fils du dialogue après la mise en application de ladite Loi.
Cette situation commence à inquiéter les plus fidèles UMP qui en rentrant dans leurs circonscriptions sont confrontés à l'impopularité de cette mesure et des méthodes employées pour l'imposer. Alors certains commencent à se désolidariser et à prendre le large en critiquant à la fois le texte lui-même et les façons de vouloir l'imposer.
Il aurait suffi d'écouter ce que l'UDF disait il y a quelques semaines lorsque nous mettions en garde le Gouvernement sur ce qu'il était en train de faire. L'absence de concertation avec les partenaires sociaux, l'utilisation de l'article 49-3 pour clore le débat et empêcher les Députés de voter, le projet lui même qui instaure la précarité, tous les ingrédients étaient réunis pour que cette affaire évolue mal. Le Gouvernement n'a voulu écouter ni l'UDF, ni les partenaires sociaux, ni les jeunes concernés...il a semé le vent, il récolte la tempête.
Il n'est pas trop tard pour retirer ce projet très largement contesté et ressenti aujourd'hui comme un mauvais projet. On peut se tromper dans la vie mais s'entêter et vouloir aller au bout d'une logique que chacun s'accorde à reconnaitre comme mauvaise, alors là cela devient irresponsable. Je souhaite très sincèrement que la raison l'emporte enfin, que ce projet soit retiré et que l'avenir, c'est à dire l'emploi des jeunes, se construise dans un climat de concorde et d'union.
Ce billet, écrit à 16:47 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :