Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mardi 21 mars 2006

Quelle image!

Alors que la séance des questions au Gouvernement portait exceptionnellement aujourd'hui sur la préparation du prochain sommet Européen, le porte parole du groupe socialiste n'a pu s'empêcher d'évoquer l'affaire du CPE. Je veux bien que tous les chemins mènent à Rome mais le mélange des genres tourne au ridicule. L'Europe est une affaire sérieuse, le CPE aussi mais pour la bonne compréhension de l'un et de l'autre, il vaut mieux séparer les sujets. L'aveuglement conduit au soutien absolu si l'on est dans un camp ou à la condamnation systématique si l'on est dans un autre camp. Et pendant ce temps les sujets n'avancent guère dans notre pays. Le "mal Français" semble avoir encore quelques beaux jours devant lui!

lundi 20 mars 2006

Scène de l'antisémitisme ordinaire

Samedi soir, alors que j'étais au stade du Ray pour assister au match Nice-Nancy, l'un de mes amis m'appelle, la voix blanche, en me disant qu'il venait d'être pris à partie par des gens dans son entrée d'immeuble qui l'ont insulté. Les propos "sale juif on va te brûler" suivis de beaucoup d'autres du même niveau accompagnés de menaces physiques alors que mon ami sortait de chez lui avec ses enfants pour se rendre également au foot.

De ce fait, il n'y eut pas de match pour lui et sa famille mais appel à la police qui est venue vérifier les identités puis visite au commissariat pour déposer plainte.

Ce fut une scène de l'antisémitisme ordinaire qui se manifeste au quotidien dans une résidence d'un beau quartier. Je souhaite que cette affaire ait une suite car il faut éradiquer ce genre de comportement inadmissible dans un Etat Républicain.

vendredi 17 mars 2006

CPE: il faudra bien en sortir!

Des manifestations de plus en plus nombreuses, une opinion publique de plus en plus hostile, le malaise s'installe dans le pays avec les risques de débordements qui peuvent surgir comme ce fut le cas dans le quartier latin hier soir.

Le Premier Ministre ne pourra continuer à vouloir imposer le CPE très longtemps d'autant que l'on commence entendre des rumeurs selon lesquelles le Président de la République pourrait bientôt siffler la fin de la partie. Je le disais il y a quelques temps, l'entêtement est un mauvais conseiller...

mercredi 15 mars 2006

Processus d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne

Depuis aujourd'hui, je siège dans un groupe de travail dépendant de la Commission des Affaires Etrangères de l'Assemblée Nationale chargé de suivre le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne.

Dès notre première réunion, on voit bien que cette adhésion est très différente des autres et bien plus hypothétique. En effet, outre le fait que la Turquie n'est pas à proprement parler en Europe, le fonctionnement des institutions, l'approche des Droits de l'Homme, le conflit avec la République de Chypre ou encore la négation du génocide Arménien et le blocus de ce pays posent de nombreuses questions auxquelles il sera très difficile et très long de répondre. C'est pourquoi je ne crois pas à l'adhésion de ce pays à l'Union Européenne. D'autant que, pour que cette adhésion soit acceptée, il faudrait une décision unanime des pays européens. Et enfin, je rappelle que la Constitution Française prévoit que toute nouvelle adhésion à l'Europe doit être approuvée par référendum, c'est à dire par un vote des Français.

Cela fait beaucoup de "si", ce qui me laisse à penser que la Turquie ne sera jamais membre de l'Union Européenne.

Mais alors à quoi peut bien servir cette période de négociations qui sera forcément longue, très longue? A faire progresser la Turquie vers plus de Justice et de Démocratie. Mais après cela, il faudra bien se rendre à l'évidence, il n'y aura pas d'adhésion, il y aura un partenariat renforcé entre ce pays et l'Union. Il aurait mieux valu le dire tout de suite plutôt que d'entretenir des mirages qui font espérer les Turcs et inquiètent les Européens.

mardi 14 mars 2006

Solidarité avec Jean Lassalle

Mon collègue le député béarnais Jean Lassalle obligé de faire une grève de la faim à l'Assemblée Nationale pour tenter de sauver 150 emplois dans sa circonscription! Le procédé peut sembler curieux de la part d'un parlementaire car chacun croit qu'il suffit d'être un élu pour être entendu et pouvoir régler tous les problèmes. Malheureusement dans une société française bloquée où l'irresponsabilité s'est imposée en système, il devient nécessaire, pour se faire entendre, même quand on est Député, d'avoir recours à des procédés tels qu'une grève de la faim. C'est triste mais c'est la réalité. Et Jean Lassalle qui est un homme sincère et qui veut de tout son coeur régler ce problème s'est lancé dans cette grève de la faim au risque d'altérer sa santé. Je lui témoigne tout mon amitié et mon soutien dans cette épreuve et bien entendu j'exprime ma totale solidarité aux béarnais.

dimanche 12 mars 2006

Les Bikers ont du cœur

Je me suis rendu cet après-midi dans la commune de la Trinité où existe une association formidable qui répond au nom de "Harley du Coeur". Son animateur Claude Abejan et son équipe sont des gens d'une générosité extraordinaire. A chaque fois qu'ils sont sollicités, ils font partager leur passion à des jeunes handicapés ou à des jeunes en difficulté. Et alors les Harley Davidson deviennent des objets magiques qui transportent de joie ces enfants qui ne pourraient espérer en enfourcher qu'en rêve.

Et quand ce ne sont pas avec des motos, nos Bikers essaient de donner du bonheur aux enfants autrement. Ce fut le cas aujourd'hui en organisant un spectacle de clowns permettant à tous ces jeunes de se distraire.

C'était mon coup de chapeau du jour à ces Bikers qui ont décidément un coeur "gros comme ça"!

samedi 11 mars 2006

Vive l'instruction civique

J'éprouve toujours autant de plaisir et de satisfaction à donner des cours d'instruction civique, comme je l'ai fait hier, dans les établissements scolaires qui le souhaitent. Le contact avec les élèves du primaire ou du secondaire est très intéressant car il permet d'une part d'expliquer le fonctionnement de nos institutions et d'autre part de dialoguer avec les élèves et de répondre à toutes leurs questions.

Ce mois-ci c'est un excercice que j'aurais fait environ une fois par semaine. Pour les élèves les institutions semblent abstraites et difficiles à comprendre. C'est également vrai pour beaucoup d'adultes. Mais au bout de quelques minutes les questions fusent avec spontanéité sur tous les sujets: "comment fait-on une loi", "quel examen faut-il passer pour devenir Député", ou encore "qu'est-ce que vous pensez du CPE" ou enfin "combien gagnez-vous?" Et à toutes ces questions j'ai plaisir à répondre avec la même sincérité et créer avec ces jeunes qui seront des citoyens dans quelques années une relation de confiance. Il convient de leur montrer que la politique c'est la base de la démocratie et que la démocratie, quoi qu'on en dise, est le meilleur des systèmes. Franchement, après une heure de cours d'instruction civique, je repars avec le sentiment de n'avoir pas perdu mon temps !

vendredi 10 mars 2006

Bravo au génie Français!

A l'occasion de la venue du Président de la République à Cannes, je visitais le centre Alcatel qui est le premier centre européen de construction de satellites. De magnifiques modules enrobés de revêtements dorés ou argentés qui allaient être projetés dans l'espace pour nous permettre de mieux communiquer sur terre. Au delà de l'aspect "science fiction" de cette visite, je ressentais une grande fierté devant des réalisations aussi exceptionnelles qui sont le fruit du travail de nos chercheurs, de nos ingénieurs, de nos techniciens. Ils ont porté la science et la technologie jusqu'à une niveau d'excellence qui permet désormais à la France de vendre ses produits aux Etats-Unis, en Chine, en Inde et à l'ensemble des pays du Monde. Et pour couronner cette journée, le soir même une fusée Ariane 5 s'élançait depuis Kourou avec succès vers l'espace pour placer l'un des satellites justement fabriqué à Cannes.

Dans cette période de morosité, je voulais saluer ces réussites qui avec Airbus ou encore le TGV portent si haut les couleurs de la France.

jeudi 9 mars 2006

CPE: l'entêtement n'est pas une bonne méthode

L'affaire dite du "CPE" (contrat premier emploi) vient de prendre une nouvelle tournure. Après le passage en force à l'Assemblée Nationale à l'aide de l'article 49-3 qui est venu mettre un terme au débat et retirer aux Députés leur droit de vote, les manifestations du 7 mars ont apporté la preuve d'une forte mobilisation des jeunes. En outre, les universités se mettent progressivement en grève, ce qui, à la veille du printemps, est un signe qui devrait inquiéter le Gouvernement.

Malheureusement le Premier Ministre reste "droit dans ses bottes" et affirme que l'affaire est entendue, même s'il n'est plus exclu que l'on cherche à renouer les fils du dialogue après la mise en application de ladite Loi.

Cette situation commence à inquiéter les plus fidèles UMP qui en rentrant dans leurs circonscriptions sont confrontés à l'impopularité de cette mesure et des méthodes employées pour l'imposer. Alors certains commencent à se désolidariser et à prendre le large en critiquant à la fois le texte lui-même et les façons de vouloir l'imposer.

Il aurait suffi d'écouter ce que l'UDF disait il y a quelques semaines lorsque nous mettions en garde le Gouvernement sur ce qu'il était en train de faire. L'absence de concertation avec les partenaires sociaux, l'utilisation de l'article 49-3 pour clore le débat et empêcher les Députés de voter, le projet lui même qui instaure la précarité, tous les ingrédients étaient réunis pour que cette affaire évolue mal. Le Gouvernement n'a voulu écouter ni l'UDF, ni les partenaires sociaux, ni les jeunes concernés...il a semé le vent, il récolte la tempête.

Il n'est pas trop tard pour retirer ce projet très largement contesté et ressenti aujourd'hui comme un mauvais projet. On peut se tromper dans la vie mais s'entêter et vouloir aller au bout d'une logique que chacun s'accorde à reconnaitre comme mauvaise, alors là cela devient irresponsable. Je souhaite très sincèrement que la raison l'emporte enfin, que ce projet soit retiré et que l'avenir, c'est à dire l'emploi des jeunes, se construise dans un climat de concorde et d'union.

mercredi 8 mars 2006

Il faut changer la Loi électorale pour permettre l'accession des femmes à l'Assemblée Nationale

J'ai attendu le soir de ce 8 mars 2006 pour écrire mes réactions à la journée internationale de la femme car je voulais voir si cette journée allait se solder par des grandes phrases de circonstances ou bien si des initiatives concrêtes allaient être proposées au pays pour faire accéder les femmes aux responsabilités politiques dont elles sont aujourd'hui largement écartées.

En cette journée symbolique, la presse, le Parlement, le Gouvernement, le Président de la République, la société de façon générale ont rendu hommage aux femmes et ont demandé, la bouche en coeur et à l'unisson, le renforcement de la place des femmes. C'est bien et personne ne s'en plaindra. Mais pour ma part je considère que la situation actuelle ne peut perdurer. On peut toujours faire des discours pour promouvoir la place des femmes dans la société mais les choses évoluent très lentement.

Je veux prendre l'exemple du Parlement Français qui laisse aux femmes la portion congrue. Le Parlement Français, 86ème Parlement au Monde pour la proportion de femmes élues! Une honte pour notre démocratie. Bien sûr, les lois sur la parité votées en France ont essayé de corriger cette situation inégalitaire. Elles ont réussi pour ce qui concerne les élections régionales, municipales ou européennes car ces élections se déroulent à la proportionnelle. Cette procédure permet l'égalité entre les hommes et les femmes. Mais pour ce qui est des élections législatives qui répondent à un scrutin majoritaire, nous voyons bien que la parité apparait comme un objectif impossible à atteindre.

Et donc si l'on voulait que les femmes accèdent enfin de façon équitable à l'Assemblée Nationale il faudrait tout simplement instiller une dose significative de proportionnelle. Et dans ce cas, les femmes seraient enfin présentes à parité dès l'an prochain à l'Assemblée.

Alors cette journée restera comme un exercice convenu, d'hommage sincère, mais qui viendra s'ajouter aux hommages antérieurs sans que les choses n'avancent réellement. Une occasion manquée en quelque sorte. Souhaitons que parmi les engagements qui seront pris par les candidats aux présidentielles, cette question figure en bonne place au rang des réformes à engager en priorité. La démocratie mériterait d'être représentative dans notre pays et elle ne l'est pas aujourd'hui en marginalisant les femmes au Parlement alors qu'elles représentent la moitié de l'humanité.

dimanche 5 mars 2006

CPE: se méfier des certitudes.

Que le premier Ministre et le Gouvernement cherchent à faire diminuer le chômage ne peut être mis en doute par personne. Tous les Gouvernements s'y sont essayés depuis vingt ans avec plus ou moins de bonheur. On peut même dire que le trait commun qui caractérise les gouvernements depuis cette période, de droite comme de gauche, c'est que la bataille pour l'emploi n'a été gagnée ni par les uns, ni par les autres.

Le recul du chômage depuis quelques mois est du au départ à la retraite de la génération du Baby Boom de l'après guerre. Ceci était annoncé notamment par Jean Pierre RAFFARIN qui n'a pas eu le temps d'atteindre cette période qu'il appelait de ses voeux. Mais au delà de ces départs à la retraite, ce qui ne progresse pas c'est le nombre d'emplois. La France avec son taux de croissance très bas et la lourdeur de ses charges sur le travail ne crée pas d'emplois et c'est là un problème majeur.

Alors l'invention du CPE par Dominique de VILLEPIN se voulait comme la recette miracle pour inciter les chefs d'entreprises à créer des emplois. Créer un contrat précaire pour une durée de deux ans devait les amener à recruter...Pour avoir parlé avec des chefs d'entreprises, je me suis rapidement rendu compte que cela ne marcherait pas. Bien sûr des CPE seraient créés mais viendraient remplacer des CDI, la précarité viendrait donc se substituer à la stabilité. Les chefs d'entreprises les plus libéraux m'ont même indiqué qu'ils nauraient jamais osé demander une durée de précarité aussi longue, une durée allant de 6 mois à un an leur semblant bien suffisante.

Ajoutez à cela le passage en force d'un tel projet à l'Assemblée Nationale sans vote par le biais de l'article 49-3 qui met brutalement un terme au débat et vous comprenez que tous les ingrédients sont présents pour créer un très grand mécontentement dans le pays.

A l'UDF nous avions mis en garde le Gouvernement contre cet état de fait et nous réclamions une modification profonde de ce projet avec une période probatoire beaucoup plus courte mais aussi avec le renforcement des droits du salarié. Nous demandions par ailleurs que ce projet de Loi fasse l'objet d'une large concertation avec les partenaires sociaux mais aussi d'un véritable débat au Parlement. Nous n'avons obtenu ni l'un, ni l'autre. La gauche en a profité pour faire des procédures d'obstruction pour se faire entendre. L'article 49-3 lui a même donné l'occasion de déposer une motion de censure. La population, quant à elle, est de plus en plus inquiète et mécontente, les mouvements sociaux se multiplient, les cotes de popularité du gouvernement sont en baisse vertigineuse.

Voilà quel est le résultat quand on refuse le dialogue, la concertation, voire simplement l'écoute du terrain. Il y a des précédents facheux qui auraient pourtant du servir de leçon: la réforme de la sécurité sociale sociale voulue par Alain Juppé qui avait conduit aux conflits sociaux de la fin de 1995, le CIP voulu par Edouard Balladur retiré juste avant que la mobilisation sociale ne se généralise ou encore les attaques contre la liberté de l'enseignement sous François Mitterrand dans les années 80 qui avaient mobilisé des millions de Français dans la rue.

Les Gouvernements devraient simplement se dire que toute mesure, la meilleure soit-elle, ne peut être imposée au peuple si'l n'en veut pas. Et si une mesure est mal ressentie et qu'un Gouvernement y tient particulièrement, alors le dialogue, la concertation, la pédagogie doivent s'instaurer. Au XXIème siècle, le peuple entend être respecté et s'il ne l'est pas il a la mémoire qui lui permet de dire non au moment des échéances électorales par le biais d'un simple bulletin de vote. Et depuis près de 30 ans, les Français ne se gênent pas pour renvoyer systématiquement leurs gouvernants. C'est même devenu une exception française. Quand il n'y plus de vote d'adhésion mais uniquement des votes sanctions, peut-on dire que la démocratie soit réellement en bonne santé ?