Les principes de démocratie, de respect des droits de l'homme, de liberté de l'information sont les fondements du Conseil de l'Europe mais aussi de l'Union Européenne.
Sans le respect de ces critères aucun pays n'aurait pu prétendre être admis au sein de ces institutions. Or, on constate aujourd'hui un certain nombre de dérives inquiétantes dans un pays membre, la Hongrie, largement dénoncées sur le plan international, qui doivent nous interpeler et nous obliger à agir.
En effet, la mise à la retraite anticipée de 300 magistrats, le contrôle par des proches du pouvoir de la nomination des magistrats, le Parlement transformé en chambre d'enregistrement avec une avalanche de texte votés à la hâte et promulgués en une semaine, le redécoupage des circonscriptions tendant à favoriser le parti au pouvoir, le licenciement de près de 600 journalistes dans les média publics, l'asphyxie financière de certains média privés par la suppression de la manne publicitaire ou par la suspension de la licence d'émission sont autant de signes inquiétants qui démontrent une dérive anti démocratique.
J'ajoute à cela quelques autres décisions relevant du populisme le plus baroque comme le vagabondage sanctionné par une amende de 480€, la suppression d'un texte qui régissait la solidarité vis à vis des enfants handicapés, ou encore la modification de la Constitution qui supprime la notion de République en Hongrie.
Face à cette situation, je propose que l'assemblée du Conseil de l'Europe prenne l'initiative d'une mission en Hongrie afin de vérifier ces informations, de rencontrer les responsables politiques Hongrois de la majorité comme de l'opposition, la presse, les acteurs de la société civile et, le cas échéant, de pouvoir conseiller à ses responsables de mettre un terme aux orientations qui se révèleraient contraires aux principes Européens.